Et si l'économie britannique était la grande gagnante du Brexit?

Avant le référendum sur le Brexit, le gouverneur de la Banque d'Angleterre avait annoncé le pire pour l'économie britannique. Et si Mark Carney s'était complétement planté?
Avant le référendum sur le Brexit, le gouverneur de la Banque d'Angleterre avait annoncé le pire pour l'économie britannique. Et si Mark Carney s'était complétement planté? - © Tous droits réservés

Environ quatre mois après le oui au Brexit, nous posons ce soir cette question : l'économie de la Grande-Bretagne va-t-elle finalement sortir gagnante de son départ de l'Union Européenne ? C'est exactement le contraire de ce que tout le monde a annoncé au printemps qui est en train de se produire.

A commencer par Mark Carney, le gouverneur canadien de la Banque d'Angleterre qui avait lancé des avertissements très costauds avant le référendum. Un gouverneur qui se retrouve aujourd'hui sur la sellette en Grande-Bretagne. On le dit être la cible du gouvernement de Theresa May. Au 10 Downing Street on dément. N'empêche qu'il s'est trompé!

On évitera de tirer dès aujourd'hui des conclusions définitives, rappelons que le Brexit ne sera effectif qu'en 2019, mais pour l’instant c'est le cas. Les indicateurs vont tous dans le bon sens. Sylviane Delcuve, économiste de BNP Paribas Fortis : "Dans un premier temps, je serais tenté de dire ce qui est pris est pris. C'est un ballon d'oxygène pour les entreprises, c'est évident. Beaucoup de constructeurs automobiles l’ont compris. Si demain les indicateurs économiques continuent de se redresser tellement bien que la livre repart à la hausse, ils perdront une partie de cet avantage-là. Par contre tant que la livre reste aux niveaux actuels, c’est un avantage que l'économie britannique garde sur les autres".

Vieille arme

Totalement à l'insu de son plein gré, la Grande-Bretagne a utilisé la bonne vieille arme de la dévaluation compétitive. En faisant plonger la livre depuis la fin de 2015, les marchés ont rendu les produits made in UK très concurrentiels. Ce qui a corrigé de manière spectaculaire un déficit de compétitivité structurel. Sylviane Delcuve : "Entre 2011 et 2015 le déficit de la balance courante s’est terriblement aggravé. On est passé de zéro à peu près – 7 % du PIB. Depuis maintenant un an, on est déjà revenu à -5 %. Effectivement c'est un pays qui avait un problème qui n'était pas compétitif et quelle meilleure recette de laisser sa devise dévaluer pour corriger ce problème ! D'autres pays l'ont fait dans le passé, l’Angleterre a gardé cette liberté. C’est le bonus de la situation actuelle".

Effet durable ?

C'est donc un solide coup de pouce que la Grande-Bretagne a reçu, mais est-il durable ? Si la livre remonte, l'effet sera moins important. Mais l'histoire économique démontre qu'une dévaluation bien gérée est profitable à long terme. A ce propos, Sylviane Delcuve est optimiste : "Ce matin on a annoncé que Carlos Ghosn, le patron de Renault, avait obtenu des garanties contre un hard Brexit. Il a dit voilà moi je maintiendrai la production de certaines voitures en Angleterre si j'ai des garanties que l’on ne s'embarque pas dans un Brexit vraiment à la dure. C'est plutôt quelque chose d'important et c'est rassurant parce que cela signifie que l'envie de maintenir le pays en bonne santé économique devrait normalement primer sur des décisions complètement folles qu'on pourrait prendre d’ici 2019".

Si la Grande-Bretagne sort gagnante, c'est qu'il y a des perdants. Et c'est de ce côté-ci de la Manche qu'il faut les chercher…

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