Et pourquoi n'aurions-nous pas envie de payer l'impôt? Avec le sourire

Tous les jeunes Belges ont la chance d'aller à l'école et tous les Belges qui sont en mesure de payer l'impôt financent les écoles. Logique et équitable, non?
Tous les jeunes Belges ont la chance d'aller à l'école et tous les Belges qui sont en mesure de payer l'impôt financent les écoles. Logique et équitable, non? - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

Payer ses impôts, reconnaissons-le, cela ne nous amuse pas vraiment. Pourtant l'impôt est un instrument indispensable pour le bon fonctionnement de nos États. Voilà un résumé extrême où tout est dit, mais il est utile d'aller plus loin.

La Commission Justice et Paix est une asbl de la société civile.  Elle a réuni une quinzaine d'experts sur le thème de l'impôt. Avec comme résultat pratique, une brochure de 50 pages qui est d'abord un outil pédagogique comme l'explique un de ses experts, le professeur émérite de l'UCL, Paul Löwenthal : "Les gens se rendent compte de ce qu’ils paient, ils ne se rendent pas compte de l’utilité qu’ils en tirent, eux-mêmes comme personnes, eux-mêmes comme collectivité ou d’autres qu’eux qui sont dans le besoin et que l’État est censé aider. Comme tout doit être démocratique, il faut un contrôle citoyen sur cet impôt mais il est important que les citoyens soient raisonnablement informés et formés pour avoir un discernement politique et autre chose que la défense de leurs intérêts".

Autant dire que les auteurs de cette brochure n'apprécient guère les initiatives du genre "Tax freedom day", soit la date à partir de laquelle on travaille enfin pour soi et plus pour l’État comme l'affirment ceux qui calculent cette date.

Un bon impôt ?

Ce qui ne veut pas dire pour autant que tout impôt est positif et fonctionne bien. D’ailleurs, si c'était le cas, cela se saurait ! Plus sérieusement, les experts se sont penchés sur ce que devrait être, selon eux, un bon impôt. Dans le détail et avec des exemples.

Pour Paul Löwenthal, un bon impôt doit être progressif et porter aussi bien sur le revenu que sur le capital : "Vous avez bien entendu le revenu qui est un pouvoir d’achat et sur lequel vous pouvez prélever de quoi aider la collectivité. Et puis le capital à propos duquel on a souvent défendu le fait qu’il ne fallait pas le taxer parce qu’il était le fruit de l’accumulation de choses qui avaient été taxées au moment où elles avaient été obtenues. Mais cela assure vos arrières, cela vous permet de prendre des risques. Donc, il est normal de voir là une forme de capacité contributive. Vous avez quelque chose que d’autres n’ont pas, il est logique que l’on puisse en tenir compte".

Vive la réforme !

On imagine que ce point de vue ne sera pas partagé par tout le monde, surtout quand la réforme fiscale sera sur la table. Une réforme que l'asbl Justice et Paix souhaite et pour laquelle elle formule des recommandations. Une réforme qui est urgente selon Paul Löwenthal : "Je pense que la justice est urgente. Il y a des gens qui sont dans des difficultés majeures. Il y en a d’autres qui se prémunissent avec une efficacité extraordinaire contre tout prélèvement. Je pense à des entreprises transnationales par le génie fiscal ainsi qu’à des grosses fortunes qui réussissent à éluder l’impôt de manière légale ou non. Donc oui, une réforme est urgente".

Pour plus de justice fiscale, c'est le titre de cette brochure, un outil parmi d'autres pour alimenter le débat sur l'évolution de l'impôt. Un débat complexe comme l'est d'ailleurs la fiscalité mais également un débat de fond qui mérite que chacun dépose ses tabous à l'entrée de la salle.

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