Essor du chômage partiel, remède "potentiellement précieux" selon l'OCDE

Plus des deux tiers des 30 pays de l'OCDE ont développé le chômage partiel en réponse à la récession, a observé mercredi l'OCDE qui y voit un "outil potentiellement précieux" pour éviter des licenciements inutiles ou "excessifs", selon son 28ème rapport sur l'Emploi.

Toutefois, tempère l'organisation, il ne faut "pas protéger les mauvais emplois et ne pas entraver la croissance de l'emploi lors de la reprise, fixer des limites temporelles claires et crédibles à ces mesures, et élaborer des interventions encourageant les entreprises viables à y recourir spontanément".

Il faut donc "un compromis entre la préoccupation immédiate du soutien des emplois existants et l'objectif de plus long terme consistant à faciliter la réaffectation des emplois et des travailleurs aux entreprises et aux branches les plus productives".

Face à la récession actuelle, "plus des deux tiers" des pays de l'OCDE ont créé ou renforcé l'indemnisation du chômage partiel pour les travailleurs, confrontés malgré eux à des horaires de travail réduits, souligne le rapport, évoquant "une attention inusitée".

L'objectif est de compléter le revenu des travailleurs dont les horaires de travail diminuent mais aussi d'éviter les licenciements "excessifs" correspondant aux cas où l'employeur rencontre des difficultés temporaires et licencie alors que les emplois sont viables à long terme, explique l'organisation.

Par ailleurs, "un nombre non négligeable de pays obligent ou incitent à combiner réduction du temps de travail et formation", notamment en Allemagne et aux Pays-Bas.

"Les allocations de chômage partiel et les dispositifs de réduction du temps de travail sont des outils potentiellement précieux pour aider les travailleurs confrontés à de fortes pertes de revenu en raison de réductions non désirées du temps de travail et pour réduire l'étendue des licenciements inefficients", se félicite l'OCDE.

Car, même lorsque les emplois ne subsistent pas à l'arrêt de ces aides, "un avantage social peut tout de même être retiré de l'application des mesures", considère l'organisation.

Et selon elle, "retarder une partie de la recrudescence des licenciements au début d'une récession peut modérer le pic des entrées au chômage et donner aux travailleurs concernés et au service public de l'emploi plus de temps pour préparer une transition potentiellement difficile vers de nouveaux emplois".

(Belga)

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