Espagne: "Pas besoin de sauvetage", mais de l'aide pour les banques

Le ministre du Budget Cristobal Montoro au Parlement de Madrid, le 24 avril 2012
Le ministre du Budget Cristobal Montoro au Parlement de Madrid, le 24 avril 2012 - © Dani Pozo

L'Espagne "n'a pas besoin de sauvetage", a affirmé mercredi le ministre du Budget Cristobal Montoro, écartant l'idée d'un plan global pour l'économie du pays, revenu au centre de la crise de la dette en zone euro. Mais elle a par contre besoin d'un plan de sauvetage pour ses banques.

"L'Espagne n'a pas fait l'objet d'un sauvetage parce qu'elle n'a pas besoin d'être sauvée", a déclaré Cristobal Montoro devant les députés, soulignant que le pays pouvait compter sur le soutien de ses partenaires de l'Union européenne et du G20 et plaidant pour un renforcement de l'euro.

"L'Espagne a le soutien de ses partenaires européens et des institutions européennes. Et l'Espagne a, comme nous l'avons vu hier soir, le soutien exprès du G20 pour les programmes (de réformes) que met en œuvre le gouvernement, dont la recapitalisation du secteur bancaire", a ajouté le ministre.

L'Espagne a conclu le 9 juin avec ses partenaires de la zone euro un accord sur une aide à ses banques, qui pourra aller jusqu'à cent milliards d'euros.

Le gouvernement de droite se refuse à parler d'un "sauvetage" qui supposerait des sacrifices supplémentaires pour le pays, déjà soumis à une sévère cure de rigueur.

Mais l'annonce d'un accord sur ce plan n'a pas suffi à calmer les marchés, ce qui a relancé les inquiétudes sur la nécessité d'un sauvetage global de l'économie espagnole.

Les taux d'emprunt que doit payer l'Espagne pour se financer à dix ans ont ainsi dépassé lundi le seuil historique de 7%, jugé insoutenable à long terme.

Dans ce contexte, l'Espagne a reçu mardi le soutien des pays du G20 réunis au Mexique pour ses efforts de recapitalisation des banques, fragilisées depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

"Nous saluons le plan espagnol de recapitalisation du système bancaire et l'annonce par l'Eurogroupe d'un soutien en faveur de l'autorité espagnole de restructuration financière", a déclaré le communiqué final su sommet.

Le gouvernement a prévu de chiffrer sa demande d'aide une fois connus les résultats de deux audits indépendants sur les banques espagnoles, menés par les cabinets allemand Roland Berger et américain Oliver Wyman. Ces rapports doivent être publiés au plus tard jeudi.

Le ministre du Budget a tenté de rassurer et de transmettre "à la société espagnole un message de confiance". "Nous sommes en Europe, nous sommes l'euro", a-t-il lancé.

L'Eurogroupe va actionner le FESF, le MES... ou les deux

L'eurogroupe, composé des ministres des Finances des pays de la zone euro doit précisément se réunir jeudi. Madrid, justement, "devrait faire une demande d'aide via le Fonds de secours de la zone euro (FESF)" lors de cette réunion qui se tiendra à Luxembourg, selon un diplomate européen s'exprimant sous couvert d'anonymat

Et il est temps, car "l'absence de détails (sur le plan d'aide espagnol) a été nuisible", a estimé le diplomate. Le mouvement de défiance envers l'Espagne sur les marchés a été favorisé, selon des acteurs de marchés, par les incertitudes autour du sauvetage des banques espagnoles, notamment sur la somme dont Madrid a besoin.

Autre sujet qui inquiète les marchés: le choix du fonds de secours pour venir en aide au secteur bancaire espagnol.

"Il y a une préférence marquée pour avoir recours au Mécanisme européen de stabilité (MES) au sein de nombreux pays de la zone euro, mais tout dépend de l'entrée en vigueur de ce fonds de secours", a indiqué un haut responsable européen sous couvert d'anonymat. En cours de ratification, le MES devrait entrer en vigueur le 9 juillet.

Seul le Fonds de secours de la zone euro (FESF) est donc utilisable dans l'immédiat. Cette option est celle que préfèrent les marchés car dans le scénario extrême d'une restructuration de la dette espagnole, en tant que créancier, le FESF serait logé à la même enseigne que les autres prêteurs.


T.N. avec agences

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