Epargne, crainte d'une augmentation des prix… les Belges s'inquiètent pour leur portefeuille

Comment les petits investisseurs ressentent-ils, d’un côté, la chute de l’activité économique et, de l’autre, la hausse surprenante des marchés boursiers depuis le krach du mois de mars ? La question était au cœur de la rubrique "le marché matinal" ce mardi sur La Première.

Le sentiment général s’améliore, mais reste globalement négatif, au point que selon le dernier baromètre ING, la moitié des investisseurs se préparent à épargner plus. Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle.

"Quelque chose d’inquiétant est le fait que 45% des Belges pensent qu’il est propre d’augmenter son épargne dans les mois qui viennent, analyse Peter Vanden Houte, chef économiste de ING Belgique. Autrement dit, on va sur une épargne de précaution, ce qui n’est pas nécessairement bon, parce que si plus de gens épargnent maintenant davantage, c’est évidemment quelque chose qui peut hypothéquer la consommation, et ainsi de suite, la croissance économique."

La Banque Nationale estime à ce propos que le taux d’épargne des ménages pourrait dépasser les 20% du revenu disponible cette année — on parle au niveau macroéconomique, ça ne concerne pas chacun des ménages évidemment — avec sans doute un effet inhibant sur notre consommation. Ce n’est pas neutre, car la consommation des ménages, représentait tout de même plus de 240 milliards d’euros (en 2019), soit plus de la moitié de notre produit intérieur brut.

Ce qui pourrait inciter les Belges à épargner un peu moins et à dépenser un peu plus au quotidien, c’est la confiance. La confiance dans l’avenir est le facteur clé qui pourrait débloquer l’épargne des Belges.

Crainte d’une inflation sur certains produits

"L’épargne de précaution dépend à 100% de la confiance, poursuit Peter Vanden Houte. Même les gens qui détiennent toujours leur emploi et qui n’ont pas vu de diminution de revenus vont épargner plus parce qu’ils ont des craintes. Donc, du moment qu’on peut faire disparaître ces craintes et donner plus de confiance aux gens que leur emploi ne va pas disparaître et que leur revenu va probablement augmenter de nouveau dans les années qui viennent, à ce moment-là on va probablement revoir des Belges qui dépensent plus, et ça va évidemment aider aussi la reprise."

Une autre information sort de ce baromètre : à cause de la crise sanitaire, les Belges craignent aussi un retour de l’inflation pour les produits alimentaires, les billets d’avion, les hôtels… De quoi surprendre Peter Vanden Houte parce que l’inflation est clairement sous contrôle. En fait, dit-il, il y a un biais chez le consommateur.

"Le consommateur regarde surtout les biens qu’il achète souvent, et donc il est vrai que pendant le confinement, pour certains produits alimentaires, on a vu des hausses de prix parce qu’il y avait des problèmes du côté de l’offre. Cette observation-là fait donc penser au consommateur que tous les prix augmentent, mais il ne tient pas compte du fait que certains gros achats qu’il fait sûrement une fois tous les cinq ans, comme une voiture, les prix sont là plutôt en train de baisser. En somme, le taux d’inflation est plus bas, mais c’est parce qu’il est trop focalisé sur les biens qu’il achète régulièrement."

Le taux d’inflation annuel devrait s’élever cette année à 0,8%. Donc les prix vont augmenter en moyenne de 0,8% cette année. Pour 2021, on prévoit 1,3% d’augmentation. Mais pour comparer, il faut regarder ce que c’était en 2019 : on avait une augmentation de 1,44%, et en 2018, une augmentation de 2,05%. On voit bien que l’inflation était beaucoup plus importante l’année passée et l’année d’avant que ce sera le cas cette année et l’année prochaine.

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