En matière d'huile durable, la palme reviendrait… à Nutella

En matière d'huile durable, la palme revient ... à Nutella
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En matière d'huile durable, la palme revient ... à Nutella - © CHAIDEER MAHYUDDIN - AFP

Souvent décriée pour son usage extensif d’huile de palme, la pâte à tartiner du géant italien Ferrero ferait pourtant mieux que la concurrence. Selon le WWF, sa matière première est durable, contrairement aux fabricants belges encore à la traîne.

En plus d’être le champion des ventes, Ferrero serait aussi le nº1 mondial en matière d’huile de palme durable. Le WWF (World Wide Fund) a analysé la politique de 173 entreprises, et le fabricant du Nutella trône en tête du classement.

En 2019, les 204 mille tonnes d’huile de palme exploitées par la firme italienne provenaient de zones n’ayant pas subi de déforestation, de zones n’ayant pas fait l’objet, non plus, d’une plantation massive de palmiers sur un écosystème qui en était dépourvu. Dans le top 5 dans entreprises vertueuses, on retrouve ensuite les chaînes de supermarchés allemandes Edeka et Kaufland (Allemagne), le géant des cosmétiques français L’Oréal, et enfin, le Suédois Ikea.

Des entreprises belges pas exemplaires

Onze entreprises belges figurent dans le baromètre. Aucune n’atteint le haut du tableau. Vandemoortele pointe à la 20e place, Lotus à la 24e, quant aux autres, elles se situent dans le ventre mou du classement. Les fabricants Royale Lacroix, Lutosa et Aigremont y côtoient les supermarchés Colruyt, mais aussi les enseignes Carrefour et Delhaize.

En fin de classement, Puratos, Wouters et les boulangeries La Lorraine sont clairement à la traîne sur la durabilité de leur huile de palme. A noter que la firme Culinor et les supermarchés Louis Delhaize n’ont tout bonnement pas répondu aux sollicitations du WWF. " Chaque entreprise belge a des points à améliorer urgemment, soit dans l’achat d’huile de palme 100% durable et traçable, soit pour jouer un rôle positif au-delà de sa propre chaîne d’approvisionnement" pointe Béatrice Wedeux, experte forêts au sein de l’ONG. "Les entreprises en tête du classement montrent que c’est réalisable."

Et il y a urgence. Selon l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), la demande globale d’huile végétale devrait doubler d’ici 2050. De quoi accroître encore davantage la pression sur l’huile de palme, la plus populaire au monde, et qui produite de manière non durable entraîne la déforestation des zones tropicales. Que ce soit en Asie du sud-est, en Afrique ou en Amérique latine, l’impact est d’ores et déjà perceptible. Hausse des émissions de gaz à effet de serre, destruction de la biodiversité et augmentation des conflits communautaires.

Le Green deal européen au rendez-vous

Face aux manquements de certaines entreprises (pourtant volontaires), le WWF plaide en faveur de l’introduction rapide d’une nouvelle législation européenne qui garantirait que les produits entrant sur le marché intérieur ne soient liés ni à la déforestation, ni à la destruction d’écosystèmes naturels. D’ailleurs, il s’agit d’une des mesures de l’European Green Deal, présenté par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"La nature étant soumise à une pression sans précédent, gouvernements, entreprises et consommateurs doivent agir ensemble en 2020 pour mettre fin à l’impact destructeur de notre consommation sur la nature" conclut Béatrice Wedeux.

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