En difficulté, Match et Smatch veulent fermer 16 magasins et supprimer 210 emplois

La direction des supermarchés Match et Smatch, membres du groupe Louis Delhaize en difficulté, annonce un projet de plan de transformation visant "à redynamiser les deux enseignes". L’enseigne souhaite fermer 16 magasins et supprimer 210 emplois (146 dans les magasins et 64 à la centrale administrative) sur un total de 2500. Par ailleurs, la direction prévoit 40 millions d’euros d’investissement.

Concrètement, Match et Smatch envisagent la fermeture de :

  • 7 magasins Match, à Dinant, Erquelinnes, Eupen, Jodoigne, Moustier-sur-Sambre, Nivelles et Spa.
  • 9 magasins Smatch, à Ertvelde, Deinze, Ingelmunster, Jupille, Koksijde, Ougrée, Merchtem, Waarschoot, Zomergem.
  • La réduction du nombre d’employés de la centrale administrative pour adapter la taille de celle-ci au parc de magasins.

"Cette situation critique s’explique en partie par les nombreux défis et les changements profonds auxquels le secteur fait face ces dernières années. La concurrence s’est à la fois intensifiée et diversifiée, avec l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché belge. La consommation est également globalement en baisse depuis plusieurs années", explique la direction dans un communiqué.

A cela s’ajoutent "d’autres défis propres aux enseignes Match et Smatch" qui pèsent sur leur rentabilité, "notamment des investissements conséquents qui doivent être réalisés pour s’adapter aux nouveaux types de consommation et moderniser les magasins existants".

Les deux enseignes de supermarchés Match et Smatch affichent des résultats nets négatifs depuis 2013 et qui ne cessent de baisser. En 2018, le résultat net a atteint -22 millions d'euros pour un chiffre d’affaires de 409 millions d’euros.

Du côté des syndicats, on déplore bien évidemment cette situation sans toutefois être surpris. "L’annonce a été très rapide. On reste bien dans le cadre d’une intention de licenciement collectif mais les chiffres cités restent tout de même importants", remarque Danny Dubois, secrétaire permanent de la CNE en charge du commerce dans le Hainaut. "On n’est pas vraiment surpris, on savait que les chiffres n’étaient pas bons depuis quelques années et que l’actionnaire remettait régulièrement de l’argent dans l’entreprise […] Notre intention est de sauver les employés et les replacer dans d’autres magasins".

Plan de relance sur trois ans

Le constat est le même pour Catherine Roisin, secrétaire générale adjointe au SETca Charleroi et coordinatrice pour l’entreprise Match. "Dire qu’on est surpris, ce n’est pas le cas. Cela faisait des années qu’on dénonçait la mauvaise santé de l’entreprise. Mais quand le couperet tombe, c’est toujours un choc pour les travailleurs et pour les délégués".

Celle-ci estime que les travailleurs ont déjà fait énormément d’efforts sur le plan social et que la direction aurait du mieux s’adapter aux nouvelles lois du marché. "Ce n’est pas en jouant sur le plan social, je pense à l’ouverture les dimanches et jours fériés, au fait d’engager un maximum d’étudiants, qu’on allait retrouver la bonne santé de l’entreprise".

Pour Danny Dubois, l’entreprise Match Belgique ne se porte pas bien et a très clairement raté un tournant il y a quelques années. "L’entreprise a une image très négative en termes de prix. Les magasins sont vieillissants et pas toujours en état de marche. Tout cela demande un coût pour les remettre à flot".

Parallèlement, la direction veut donc mettre en place un plan de relance sur trois ans mobilisant, au total, une enveloppe de 40 millions d’euros, dont 16 millions dédiés au "relooking" des magasins. Ce plan verra également les magasins renouveler leur offre et miser sur le commerce en ligne.

La phase d’information de la procédure de licenciement collectif a été lancée mardi. La direction assure qu’elle a la volonté de "limiter autant que possible" les licenciements secs.

Match et Smatch sont deux enseignes de grande distribution appartenant au groupe belge Louis Delhaize, qui détient également la marque Cora. Match compte 41 magasins en Belgique, Smatch 60, auxquels s’ajoutent 10 magasins franchisés.

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