En Belgique, le fossé entre les salaires les plus élevés et les plus faibles a tendance à se combler

Une usine de composants électroniques
Une usine de composants électroniques - © PETER BYRNE - AFP

Les revenus du travail sont un peu plus équitablement répartis qu’avant en Belgique, à l’inverse de ce qui se passe dans la plupart des pays du monde. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l’Organisation internationale du Travail de l’ONU.

Le fossé entre les salaires les plus élevés et les plus faibles a tendance à se combler. Si l'on considère que les revenus du travail sont un gâteau : en 2007, les 10% de Belges qui gagnaient le plus avaient pour eux 28% du gâteau des salaires, donc presque un tiers. Et en 2017, 10 ans plus tard, cette part du gâteau a rétréci de 4%, il reste donc 24%, environ un quart de tarte, pour ces travailleurs les mieux payés.

Mais ceux qui gagnent le moins ont vu leur part du gâteau un peu augmenter en 10 ans. La tendance n’est pas spectaculaire, mais elle est là et c’est à souligner parce que cette tendance va à l’encontre de ce qui se passe au niveau mondial. Seuls trois ou quatre pays dans le monde peuvent se targuer d’une égalité salariale plus élevée que chez nous, en fonction du paramètre que l’on retient.

Inégalités

Cela veut-il dire que, mondialement, les inégalités augmentent ? À première vue, non, parce qu’il y a une convergence économique entre les pays du monde. La Chine et l’Inde sont deux pays à la population immense dans lesquels la richesse croît à une vitesse fulgurante et ces deux pays seuls impriment leur marque sur une diminution globale des inégalités dans les revenus du travail entre pays. Par contre, au sein même de la plupart des pays, comme la Chine et l’Inde, à l’intérieur de ces pays, les inégalités se creusent avec des travailleurs pauvres et une classe moyenne qui perd du terrain, qui a un bout de gâteau plus petit.

Il s'agit donc uniquement des revenus du travail et cela concerne quand même plus de trois milliards de personnes dans le monde. Et cette masse de salaires, c’est justement une mesure que les économistes utilisent pour distinguer revenus du travail de ceux du capital, donc en provenance du foncier, de l’immobilier, de brevets ou de titres financiers comme les actions, par exemple. Les revenus du capital gagnent du terrain par rapport aux salaires, et c’est le cas depuis des années. En Belgique comme ailleurs, ce qui revient aux travailleurs dans la richesse produite a diminué de 2% en 10 ans au profit du capital, ce qui n’est sans doute pas tout à fait étranger à des mouvements de mécontentement. L'impression que les salaires font du surplace par rapport aux revenus de dividendes sur actions, par exemple, n’est en fait pas qu’une impression.

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