En Belgique, la libéralisation du transport national de passagers prend forme

En Belgique, la libéralisation du transport national de passagers prend forme
En Belgique, la libéralisation du transport national de passagers prend forme - © ERIC LALMAND - BELGA

Après la libéralisation du transport de marchandises ou celle du transport international de passagers, la Belgique prépare la libéralisation du transport national de passagers.

Une nouvelle étape dans un processus entamé il y a plus de 20 ans déjà au niveau européen comme le rappelle Leïla Van Keirsbilck. co-auteur avec Olivier Mallet d'une étude intitulé "Libéralisation du rail, qui va gagner, qui va perdre ?"

"La volonté d'ouvrir le rail à la concurrence dans l'Union européenne, c'est 1996 où la Commission publie dans son livre blanc la volonté d'ouvrir le rail à la concurrence. De là, découle toute une série de paquets ferroviaires à différentes échéances. Et 2016 marque le quatrième paquet ferroviaire qui vient ouvrir à la concurrence le transport national de passagers", explique-t-elle.

A partir de l'année prochaine, d'autres entreprises pourraient donc être autorisées à utiliser les voies et les infrastructures d'Infrabel pour transporter des passagers en Belgique. Des compagnies publiques étrangères comme la SNCF ou Deutsche Bahn par exemple, des sociétés régionales de transport à l'image de la Stib ou TEC, voire des entreprises privées.

"On va mettre en place ce qui s'appelle la concurrence pour le marché où il y a un appel d'offres, on propose différentes petites lignes ou grandes lignes, peu importe, qui sera subsidiées. Et chaque compagnie propose un service. La compagnie qui propose le service de meilleure qualité ou le moins cher remporterait la ligne", ajoute Leïla Van Keirsbilck.

Résultats contrastés en Europe

Ces potentielles entreprises ne pourront toutefois pas bénéficier de subsides publics, du moins pas avant 2023. 

Ailleurs en Europe comme au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suède, les retours d'expérience sur la libéralisation du rail sont contrastés. Selon les auteurs de l'étudeles subsides publics ont augmenté, la ponctualité s'est améliorée et les prix ont globalement augmenté, mais pas forcément à cause de la libéralisation.

"Ce qu'on remarque surtout, c'est qu'il y a une flexibilisation horaire des tarifs, un peu comme ce que l'on voit pour les TGV ou pour l'avion où selon les heures, on peut avoir des tickets tout d'un coup beaucoup plus cher ou tout d'un coup beaucoup moins cher, mais où au final, les prix suivent une tendance semblable", précise Leïla Van Keirsbilck.

Enfin, l'étude pointe que la conséquence la plus nette mise en évidence dans cette étude concerne les travailleurs du rail dont les conditions de travail dans ces trois pays se sont sensiblement dégradées avec la libéralisation.

 

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