"En 2015, 62 personnes possédaient autant que la moitié la plus pauvre de l'humanité"

62 personnes possédaient à elles seules les mêmes richesses que la moitié la plus pauvre de l'humanité.
62 personnes possédaient à elles seules les mêmes richesses que la moitié la plus pauvre de l'humanité. - © KAZUHIRO NOGI - AFP

En 2015, 62 personnes possédaient à elles seules les mêmes richesses que la moitié la plus pauvre de l'humanité, soit 3,5 milliards de personnes, ressort-il d'un rapport intitulé "Une économie au service des 1%" et publié lundi par l'ONG de coopération Oxfam-Solidarité à l'occasion du Forum économique mondial de Davos.

Oxfam avance une série de chiffres démontrant que "le fossé entre les riches et les pauvres est plus abyssal que jamais". Ainsi, la fortune des 62 personnes les plus riches au monde a augmenté de 44% ou de plus de 500 milliards de dollars entre 2010 et 2015, pour s'établir à 1.760 milliards de dollars. Parallèlement, les richesses de la moitié la plus pauvre de l'humanité ont diminué de plus de 1.000 milliards de dollars ou 41% au cours de la même période.

Un modèle biaisé

"Depuis le début du XXIe siècle, la moitié la plus pauvre de la population mondiale a bénéficié de seulement 1% de l'augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1% les plus riches se sont partagé la moitié de cette hausse", constate encore Oxfam, tout en estimant que "l'exacerbation des inégalités économiques est néfaste pour l'ensemble de la population, car elle sape croissance et cohésion sociale".

Oxfam pointe du doigt un modèle économique "fortement biaisé" en faveur des plus fortunés et un "réseau de paradis fiscaux toujours plus élaboré" qui garantit que les revenus et les richesses restent "hors de portée des citoyens ordinaires et de leurs États". Selon une récente estimation, 7.600 milliards de dollars, soit plus que le PIB combiné de l'Allemagne et du Royaume-Uni, seraient actuellement détenus sur des comptes offshore par des particuliers.

Par ailleurs, est-il rappelé, les pauvres vivent dans les zones les plus vulnérables aux changements climatiques alors que la moitié la plus pauvre de la population n'est responsable que de 10% des émissions totales de gaz à effet de serre.

"Institutionnalisation de l'optimisation fiscale"

Les raisons de "cette incroyable concentration des richesses et des revenus" réside, selon Oxfam, dans la croissance des rendements en faveur du capital, au détriment du travail, plus lourdement taxé. En outre, poursuit l'ONG, l'écart se creuse rapidement, dans le monde du travail, entre les travailleurs moyens et ceux qui occupent les plus hauts postes.

Autre tendance néfaste épinglée: "l'institutionnalisation de l'optimisation fiscale", qui pèse sur les revenus fiscaux des États, et à laquelle ne sont en mesure de recourir que les entreprises et les particuliers fortunés. D'après une analyse d'Oxfam menée sur 200 entreprises, notamment les plus puissantes au monde et les partenaires stratégiques du Forum économique mondial, neuf entreprises sur 10 sont présentes dans au moins un paradis fiscal.

Autant d'exemples qui illustrent, aux yeux de l'ONG de coopération au développement, combien le modèle économique actuel "ignore la majorité de la population mondiale, et ne tient pas compte de la planète".

Pour corriger le tir, Oxfam appelle en priorité les dirigeants mondiaux à s'entendre sur une approche globale visant à éradiquer les paradis fiscaux.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir