En 2014, le géant Baxter choisirait-il de s'intaller en Belgique?

Le centre de recherches de Baxter à Braine-l'Alleud
Le centre de recherches de Baxter à Braine-l'Alleud - © Archive JORGE DIRKX - BELGA

La société pharmaceutique américaine Baxter a choisi, il y a 60 ans, la Belgique comme première tête de pont sur le continent européen. Mais referait-elle le même choix aujourd'hui ?

Les dirigeants de Baxter n'ont pas manqué de poser cette question mercredi devant le gratin politique qui est venu célébrer le 60ème anniversaire de la filiale belge à Lessines. En 1954, c'est le savoir-faire des Solvay et des Janssens qui a attiré chez nous le géant américain, tout autant que la localisation de notre pays au centre de l'Europe.

Et depuis, Baxter n'a pas cessé de s'agrandir et de se transformer : la société emploie 2300 personnes en Wallonie. Son directeur Damien Bailly parle d'une implantation capitale pour le groupe : "C’est un de nos centres de recherches les plus importants dans le monde. C’est aussi ici que sont localisées plusieurs usines de production de différents médicaments qui sont distribués dans le monde entier. 95% de la production de Lessines part dans le monde entier. Aujourd’hui nous sommes dans des domaines aussi variés que le traitement de l’hémophilie, l’insuffisance rénale, les déficiences immunitaires, voire un peu d’oncologie. Nous sommes fiers de ce nom, mais Baxter est plus qu’un Baxter".

Inquiétude

La Belgique ne jouerait-elle plus aussi bien son rôle de plaque tournante qu'avant? Les dirigeants du groupe sont inquiets en tout cas, parce que le monde pharmaceutique bouge très vite.

La recherche coûte de plus en plus cher : il faut compter plus d'un milliard d’euros pour mettre une nouvelle molécule sur le marché. Et les avantages de la Belgique s'émoussent, selon Damien Bailly : "Les points d’inquiétude, c’est d’abord la reconnaissance véritable de la recherche et de l’innovation thérapeutique en Belgique. Deuxièmement c’est la prédictibilité et la stabilité fiscale et sociale de la Belgique, avec des réformes qui sont nécessaires en matière de coût et de flexibilité du travail. La Belgique est un pays trop important pour nous, pour ne pas avoir une attention toute particulière à ce qu’il s’y passe. Nous espérons en tout cas encore y vivre pendant 60 ans. La balle n’est pas dans notre camp aujourd’hui, elle est dans le camp des autorités".

La pharmacie est un des rares secteurs industriels où l'emploi continue d'augmenter : c'est un secteur qui assure à lui seul 40% de la recherche-développement en Belgique, c'est dire si cela vaut la peine de l'entendre.

A.L. avec F. Gilain

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