Economie: offensive de charme américaine en Chine avec Joe Biden

Joe Biden et le Président chinois Hu Jintao
Joe Biden et le Président chinois Hu Jintao - © Andy Wong (AFP)

Après la dégradation de leur note, les Etats-Unis ont besoin de rassurer leurs créanciers sur leur solidité financière. C'est ce qui explique la tournée que vient de faire le vice-Président, Joe Biden, en Chine.

Joe Biden n'a pas ménagé ses efforts. C'était sa première visite en Chine mais il y est resté 5 jours. Et l'essentiel de ses entretiens a porté sur la dette américaine. "Les Etats-Unis n'ont jamais été en défaut de paiement et ne le seront jamais" a déclaré Joe Biden au premier ministre chinois Wen Jiabao. Ce n'est pas parce que l'agence Standard and Poor's a dégradé la notation de l'Etat fédéral américain qu'il y a péril en la demeure. Les bons d'Etat américain restent la meilleure option pour investir a-t-il affirmé. Et le message semble bien passé. Wen Jiabao a affirmé son entière confiance dans le fait que les Etats-Unis vont surmonter leurs difficultés budgétaires actuelles et remettre leur économie sur les rails d'une croissance saine.

La Chine entre conciliation et critiques

Les autorités chinoises ne se privent pas de déclarer (à intervalle régulier d'ailleurs), que les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens et qu'ils doivent reprendre leur finances publiques en mains pour arrêter de laisser filer leur déficit. L'équipe Obama n'a obtenu que de justesse le relèvement de son plafond officiel d'endettement, début août, et cela lui a valu des commentaires cinglants de l'agence officielle Chine Nouvelle. L'Agence de presse a dit que les Etats-Unis devaient arrêter de recourir massivement aux emprunts à l'étranger, qu'ils devaient passer aux actes en opérant des coupes sombres dans leurs dépenses budgétaires et en restructurant leur économie.

La Chine reste cependant l'un des principaux créanciers de Washington

Pékin détient 1170 milliards de bons du trésor américain, autant dire qu'un tiers de ses réserves de changes sont investies en dollar. C'est énorme mais, pour le dire clairement, la Chine n'a pas vraiment le choix.  Elle possède à elle seule pour 3200 milliards de dollars de réserves de change et c'est aux Etats-Unis qu'il est le plus facile de les placer, la très grande liquidité du marché donne les coudées franches aux créanciers. Pékin a bien essayé de diversifier son portefeuille de placement en investissant dans les bons d'Etat européens, mais  les problèmes de la zone euro l'obligent à la prudence. C'est bien ce qui rassure les Américains. Malgré la perte de leur triple A, ils restent l'une des cibles favorites des investisseurs dans le monde.

 

Françoise Gilain

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