Economie: chute des cours du café sur les marchés internationaux

Les prix du café ont chuté sur les marchés internationaux ; moins d’un dollar la livre pour l’arabica par exemple, ce qui est deux fois moins qu’en 2016 et trois fois moins qu’en 2014.

Beaucoup de producteurs n’arrivent pas à couvrir leurs coûts de production, leur survie financière est menacée, mais l’avenir du secteur aussi, comme l’explique le directeur exécutif de l’Organisation internationale du café, le Brésilien José Sette.

"À long terme, les prix bas risquent d’intensifier la tendance actuelle : une concentration géographique poussée de la production avec pour conséquence que le secteur sera bien plus vulnérable aux chocs climatiques et politiques dans les principaux pays producteurs."

La situation est critique pour les producteurs dans une série de pays. Au Pérou et en Éthiopie par exemple, les revenus des caféiculteurs sont largement inférieurs au seuil de pauvreté, d’où une insécurité alimentaire croissante, mais aussi évidemment un manque d’investissement dans la production.

La consommation ne baisse pas

La cause principale à la chute des cours du café sur les marchés internationaux, est le boom de la production dans une série de pays : le Brésil évidemment, le premier producteur mondial, mais également des pays importants dans ce secteur comme le Vietnam, la Colombie ou encore le Honduras.

Pourtant, la consommation, elle, ne baisse pas dans le monde. Au contraire, elle continue à augmenter jusqu’à conquérir ou essayer de conquérir la Chine, le pays du thé.

En Belgique aussi, les amateurs sont nombreux. Nous avons d’ailleurs également une série de torréfacteurs qui brûlent les grains. C’est le cas de Delahaut à Namur. L’entreprise familiale est en plein essor, au point qu’elle fait construire un nouveau site de production à Rhisnes, ce qui lui permettra de diversifier ses activités.

Ajouter quelques cordes à notre arc

"On pourra également avoir une école de barista, donc une école de formation sur l’art de préparer le café. On aura également un espace qui permettra de recevoir le public et les entreprises pour se restaurer. On aura également deux ou trois salles qui pourront accueillir ce même public pour des réunions ou pour des séminaires. C’est donc tout un espace qui sera agrandi, mais qui sera également utilisé à d’autres fins", précise François Delahaut.

Un léger changement dans le métier. "On garde notre métier, mais on va y ajouter quelques cordes à notre arc pour être dans un métier qui sera pluridisciplinaire, qui sera plus dans l’air du temps, quelque chose qui va vraiment plaire au public, je pense."

Mais le café reste évidemment au cœur de l’activité de l’entreprise, qui va développer ses activités sur 2500 mètres carrés d’espace utile au lieu de 600 mètres carrés actuellement à la rue Général Michel à Namur. Il faut dire que l’entreprise a les reins solides.

"Aujourd’hui, on a des bilans qui sont très sains. On a une augmentation qui est de l’ordre d’entre 8 et 10% par an. Ces trois dernières années, on a fait 30% d’augmentation en termes de chiffre d’affaires, mais également en bénéfices. On a doublé notre production de café, donc les ventes de café ont doublé. Quand on a repris la société, mon frère et moi, il y a six ans d’ici, on était à 45 tonnes de café et aujourd’hui on dépasse les 100 tonnes, donc tout ça est très prometteur."

C’est évidemment ce qui permet à l’entreprise familiale de se lancer dans un investissement lourd tout même pour une PME : 4,5 millions d’euros.

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