Economie belge : le FMI recommande à la Belgique de renforcer son plan d’ajustement

Pour maintenir son économie à flot et anticiper les pressions futures, la Belgique devrait renforcer son plan d’ajustement et limiter les dépenses, estime le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport d’évaluation de la situation économique belge, publié mardi.

Selon l’institution financière basée à Washington, la réaction rapide de la Belgique à la pandémie de Covid-19 a permis d’en atténuer les répercussions sociales et économiques. "La poursuite de l’impressionnante campagne de vaccination des autorités et l’assouplissement des mesures de confinement contribuent également au renforcement de la confiance des consommateurs et des chefs d’entreprise", note le FMI dans son rapport.

Mais bien que les prévisions de croissance aient été revues à la hausse (5% en 2021 et 3,5% en 2022), les risques et incertitudes persistent.

Pour l’organisation internationale, il convient de supprimer progressivement les mesures générales de soutien à partir du mois d’octobre, moyennant la poursuite de mesures ciblées. "Les politiques devraient être de plus en plus axées sur la réponse aux défis budgétaires et structurels persistants, nombre d’entre eux ayant été aggravés par la pandémie", relève-t-elle.


A lire aussi : Coronavirus : le FMI dévoile un plan à 50 milliards de dollars pour mettre fin à la pandémie


Actuellement, le plan d’ajustement du gouvernement fédéral prévoit un effort annuel fixe de 0,2% du PIB à partir de 2021 et un effort variable pouvant aller jusqu’à 0,4% à partir de 2022, en fonction du niveau et de la croissance du PIB.

Le FMI recommande toutefois à la Belgique de renforcer ce plan pour reconstituer des réserves face aux pressions futures (vieillissement de la population, hausse des taux d’intérêt…) et aux éventuels nouveaux chocs. "Un ajustement plus ambitieux maintenant la dette sur une trajectoire baissière serait souhaitable. De nombreuses mesures ne sont pas encore bien précisées et l’ajustement prévu ne stabilise pas la dette, qui, en 2026, sera toujours supérieure de 20 points de pourcentage du PIB aux niveaux antérieurs au Covid, les finances publiques restant vulnérables aux chocs", met-il en garde.

Un ajustement plus ambitieux maintenant la dette sur une trajectoire baissière serait souhaitable

Compte tenu de la charge fiscale élevée, le FMI recommande de fonder l’assainissement sur la limitation des dépenses et de se concentrer sur des plans concrets permettant de limiter les coûts des soins de santé, d’améliorer le ciblage des indemnités et les incitations à participer au marché du travail, de renforcer la soutenabilité des pensions, de réduire la duplication des administrations publiques et les subventions ainsi que d’accroître l’efficacité dans d’autres domaines, en s’appuyant sur un examen des dépenses.

L’institution recommande notamment la mise en œuvre de réformes concrètes des services de santé, des régimes de retraite anticipée, des pensions ou du chômage.

Efforts

Parmi les efforts à consentir, le FMI qualifie "d’essentiels" ceux consistant à stimuler le dynamisme des entreprises et le recrutement. "Des réformes sont nécessaires pour atteindre l’objectif ambitieux des autorités de faire passer le taux d’emploi de 70 à 80% d’ici 2030, ce qui implique une forte poussée chez les jeunes, les personnes âgées, les personnes peu qualifiées, les personnes nées en dehors de l’UE et les femmes", souligne l’institution financière.

Enfin, aux yeux du FMI, des économies supplémentaires (ou une hausse des recettes) seront nécessaires pour créer une marge permettant une augmentation des investissements publics ou la transition écologique et numérique, conformément à l’objectif ambitieux des autorités visant à accroître les dépenses d’investissement de 4% du PIB d’ici 2030.


A lire aussi : Politique belge : le gouvernement fédéral approuve le contrôle budgétaire


"Le FMI souligne l’importance pour la Belgique de s’attaquer désormais aux réformes structurelles, et notamment aux défis liés au marché de l’emploi. L’accord de gouvernement est ambitieux sur ce point, comme sur d’autres. Certaines réformes ont déjà pu être entreprises malgré le Covid-19, comme la refonte du régime belge des voitures de société. L’enjeu est désormais de capitaliser sur la reprise pour accélérer les réformes qui ont été prévues", a réagi le Premier ministre Alexander De Croo.

"Le fait de pouvoir disposer d’un plan de relance ambitieux (qui a été validé par la Commission européenne) et le fait que les partenaires sociaux soient parvenus à un accord sur les salaires minimum (offrant la perspective d’une paix sociale) nous donnent les meilleures chances d’y parvenir", a-t-il ajouté.

 

Plan de relance belge approuvé par l'union européenne: JT 23/06/2021

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK