Informatique: les entreprises à la peine

Informatique: les entreprises à la peine
Informatique: les entreprises à la peine - © BRUNO FAHY - BELGA

L’informatique joue régulièrement avec nos nerfs au boulot. Elle nous ferait perdre des dizaines de minutes en moyenne chaque jour. Un PC qui prend un temps fou pour s’allumer, des pages Internet qui s’affichent avec une lenteur exaspérante, l’appli dont vous avez absolument besoin hors service, service technique aux abonnés absents : l’irritation est compréhensible.

Selon Bruno Schröder, technology officer chez Microsoft BeLux, cette expérience de travail est en complet décalage avec notre expérience à la maison : "L’informatique dans les entreprises n’a pas du tout évolué au même rythme que l’informatique consommateur. On trouve encore beaucoup d’applications qui ont été développées sur les concepts qui sont à peine du début de l’Internet. Le temps de réponse n’est pas le même, l’ergonomie n’est pas la même non plus, et c’est vrai aussi que particulièrement dans les petites entreprises, la connexion de la fibre n’est pas au même niveau que ce qu’on va trouver dans les grandes entreprises. Donc il y a là un décalage qui crée une certaine insatisfaction. Les attentes que nous avons maintenant à cause de cette culture des applications, que nous avons tous dans les smartphones, ne sont plus rencontrées par la plupart des applications du monde professionnel."

Les utilisateurs domestiques choisissent par exemple une application en fonction de son utilité, alors que dans le monde professionnel, on a plutôt recours à des applications du style boîte à outils, qui ne sont pas nécessairement optimisées pour une tâche bien précise.

Manque d’investissement de la part des entreprises ?

Bruno Schröder rappelle par exemple que dans l’environnement Microsoft, pas mal d’entreprises utilisent encore le vieux système d’exploitation XP. Il avait été lancé en 2001 et même arrêté en 2014 par Microsoft.

Un autre facteur important à prendre en compte selon Yves Deville, professeur d’informatique à l’UCL, c’est la complexité croissante des projets d’informatique en entreprise : "Les progrès technologiques avancent extrêmement rapidement dans plein de directions différentes. On entend par exemple parler de l’Internet des objets. Tout ça rend les projets de plus en plus complexes. Il y a une explosion exponentielle des données disponibles, le big data, l’analyse de données, les risques de sécurité sont de plus en plus grands, il faut en tenir compte bien entendu, et il y a besoin d’être compatible avec beaucoup d’applications extérieures.

La difficulté est telle qu’à peine un tiers des projets informatiques aboutissent dans les temps, avec un budget respecté et toutes les fonctionnalités demandées. 20% des projets informatiques en entreprise sont carrément abandonnés. Les autres finissent par aboutir plus ou moins bien.

Pour éviter le désastre, explique Yves Deville, il faut absolument que l’entreprise définisse avec soin et bien à temps ses besoins informatiques. Il faut aussi que les équipes techniques soient en communication permanente avec les utilisateurs, et enfin, dit-il, il faut que les projets informatiques bénéficient d’un soutien fort du management, soutien financier et opérationnel.

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