E-shopping: comment bien acheter en ligne

Les prix peuvent être plus bas chez les  "purs players", des magasins qui vendent exclusivement en ligne.
Les prix peuvent être plus bas chez les "purs players", des magasins qui vendent exclusivement en ligne. - © Matt INMAN - IMAGEGLOBE

Le Belge est encore frileux à l’égard du commerce en ligne qui ne représente que 3% du commerce de détail, contre 10% aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne. Mais la tendance est à la hausse, malgré une profession encore peu mature.

Selon Comeos, (la fédération belge du commerce et des services), 75% des internautes belges ont déjà acheté en ligne. Et la croissance est particulièrement forte chez les plus de 60 ans. Selon des chiffres qui ont déjà un an, le Belge qui achète en ligne dépenserait en moyenne 1560 euros par an. Et les produits vedettes seraient les vêtements et les chaussures. Pour les services, ce sont toujours les voyages (les billets de train ou d’avion) et les spectacles qui ont la cote.

Les règles du jeu pour acheter dans un univers virtuel

Le e-Commerce est un commerce comme un autre, avec les mêmes droits et les mêmes obligations que dans un magasin. Le client y bénéficie par exemple d’une période de rétractation qui est passée de 7 jours à 14 jours depuis 2010. Cette protection vaut pour les achats neufs réalisés auprès de sites professionnels et non entre particuliers. Les quelques exceptions logiques portent sur les services tels que l’achat de musique en ligne ou les réservations de vacances, de voyages et de billets de concerts.

Lors de l’achat en ligne, le site doit permettre au consommateur de s’opposer à la collecte de données à d’autres fins que celles de la transaction concernée.

La loi prévoit aussi qu’une commande non livrée dans les 30 jours par un professionnel peut être annulée par l’acheteur. De même, si l’objet commandé n’arrive jamais, c’est au vendeur d’apporter la preuve que le destinataire l’a bien reçu.

Sur les sites d’enchères

Sur les sites d’occasion comme 2ememain.be, (récemment acheté par  eBay…), les règles sont très différentes. Malgré les filtres de contrôle placés par les sites, on y trouve du vieux comme du neuf, mais aussi des copies de contrefaçon de produits de marque. Les vendre est bien sûr une infraction, mais les acheter aussi. Le client qui acquiert un sac de grande marque neuf pour 20 euros, agit clairement en connaissance de cause. Mieux vaut être prudent.

Quelques conseils pour bien acheter sur le web

- D’abord, comparer les prix d’objets semblables. Les différences peuvent être considérables selon les vendeurs.

-S’il s’agit d’un vendeur privé, contactez-le par mail pour lui poser des questions. Son type de réaction vous en dira long sur sa fibre commerciale. 

- Lorsque deux personnes vendent simultanément les mêmes objets aux enchères, mieux vaut patienter jusqu’à la fin de la vente du premier. Vous aurez ainsi une idée de son prix sur le marché tout en vous débarrassant de l’acheteur prêt à donner le prix le plus élevé.  

- Ne vous laissez pas trop impressionner par les prix affichés. Si aucune offre n’apparaît, envoyer un mail au vendeur en proposant un prix inférieur. Ca marche parfois.

Les pièges à éviter

Il faut se méfier des offres trop appétissantes. Et plus encore si la personne désire traiter "depuis l’étranger" ou "rapidement". C’est en général la signature des escrocs.

Ne cliquez pas sur le lien d’un magasin en ligne proposé dans un mail de provenance inconnue. Il s’agit d’une tentative d’hameçonnage (phishing) pour vous attirer vers des pages Web falsifiées. C’est une pratique également courante dans le domaine bancaire.

-Pour savoir si un site de vente peu connu est légitime, tapez son nom dans un moteur de recherche pour y découvrir les éventuelles plaintes pour arnaque.

 -Sur un site de vente (quel qu’il soit), le paiement électronique doit toujours se faire après le passage vers un site sécurisé de type https. Vous quittez alors le magasin en ligne pour être transféré vers un organisme spécialisé dans le paiement sécurisé. C’est le cas d’Ogone. Malheureusement, un site https n’est pas une garantie absolue. Un pirate peut très bien avoir créé son propre site HTTPS sécurisé.

Entre particuliers, le tiers de confiance Paypall peut rassurer les parties.

Achats moins cher sur le net ?

A produits identiques, les prix peuvent être plus bas chez ceux que l’on appelle les  "purs players", des magasins qui n’existent qu’en ligne. Ils profitent de structures très légères (pas de magasin physique, peu de personnel, peu de stock et une automatisation à outrance).

C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les magasins traditionnels ouvrent, eux aussi, des magasins virtuels. Sous peine de perdre leurs clients.

Les magasins en ligne belges respectent trop peu la loi

Près de deux tiers des 451 sites de commerce électronique établis en Belgique étaient en infraction en 2012. Les principales lacunes sont l’absence d’indication du nom de l'adresse et du numéro d'entreprise, voire de l’adresse e-mail.

Près d’un quart des sites ne précisent pas (ou mal) le prix total de vos achats. Tout simplement en oubliant de mentionner la TVA ou les frais de livraison. Et enfin, les sites belges informent mal sur le droit de rétractation durant un délai de 14 jours (la possibilité de restituer l’objet).

Jean-Claude Verset

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