Duferco La Louvière : la discrétion est de mise pour les réunions de ce jour

C'est le silence radio depuis ce matin : plus aucun des acteurs de ce dossier ne veut communiquer. Il semble que se tient pour l'instant une réunion informelle entre la FGTB et la direction. Mais rien ne filtre sur le lieu ou sur la teneur de cette réunion. Alors, cette soudaine discrétion est-elle le signe d'un apaisement et d'une reprise des discussions ou, au contraire, la confirmation que la fermeture de l'usine est sur la table ? On devrait probablement y voir plus clair ce jeudi après-midi.

Un mercredi nerveux

C'est une xième confrontation hier entre la direction et les syndicats qui a abouti à une terrible poussée de fièvre mercredi en toute fin de journée. Parce qu'il ne croit plus que la direction souhaite réellement mener à bien les négociations, Daniel Vandergotten, permanent FGTB, voit rouge quand celle-ci estime que le plan prévu, avec une conjoncture qui continue à se dégrader, pourrait ne pas suffire. La direction propose la désignation d'un nouvel expert, elle ne voudrait pas être contrainte à la fermeture.

Ce mot-là, pour Daniel Vandergotten, c'est la provocation de trop : "Manifestement, il n'y a plus aucune volonté de continuer les activités, moi, je ne peux que le déplorer. Duferco Belgium ne veut plus investir dans l'industrie dans La Louvière". Ces tergiversations ne mèneront à rien, autant en effet annoncer tout de suite la fermeture estime-t-il. Étonnement de la direction. Elle fait savoir en soirée qu'il y a peut-être encore d'autres choix. Étonnement aussi de l'autre syndicat, la CSC, minoritaire mais autour de la table avec les autres, qui veut croire encore à une issue industrielle possible. Jean Marie Osley, permanent CSC : "Je n'ai jamais entendu quelque annonce que ce soit de la part de la direction comme quoi, le site sera condamné inexorablement".
 
Confusion générale
 
Ces négociations chez Duferco durent depuis des mois. La confusion de ces dernières heures traduit un énervement général qui ne présage rien de bon. L'assemblée générale des travailleurs de Duferco du mercredi 26 mars sera capitale pour l'avenir de l'entreprise sidérurgique louviéroise, où le spectre de la fermeture a fait son apparition. Selon le Setca, des contacts tous azimuts se poursuivent. Les portes de l'entrée de l'usine Duferco à La Louvière sont fermées par les travailleurs qui attendent leur assemblée générale de mercredi prochain, déterminante pour leur avenir.

La direction a proposé mercredi aux syndicats un double scénario: soit la fermeture pure et simple et la négociation du plan social, soit la mise sur pied d'un audit extérieur qui devrait analyser en profondeur les réelles possibilités de poursuite de l'activité dans un contexte économique très difficile. Ce double scénario devrait être proposé le 26 mars à l'assemblée générale des travailleurs. En cas de fermeture, quelque 400 emplois disparaîtraient. Le plan de survie avancé par la direction faisait état de 282 emplois sauvés, un chiffre qui pourrait être revu par l'audit, pour autant que les travailleurs y adhèrent. "Nous n'avons plus de contacts officiels prévus d'ici l'assemblée générale de mercredi", a indiqué Manu Morais du Setca-Centre. "Mais des contacts officieux tous azimuts seront pris pour essayer de trouver les meilleures propositions à soumettre à l'AG des travailleurs."

Alain Vaessen et Jean-Christophe Adnet avec Belga
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