DSK présente ses excuses au FMI pendant que Michel Rocard le traite de malade mental

Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair
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Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair - © AFP

Dominique Strauss-Kahn a refermé lundi à Washington quatre années américaines, "les plus intéressantes de sa carrière" en faisant acte de contrition devant les employés du FMI pour sa conduite au Sofitel de New York. A Paris, Michel Rocard déclenche une polémique

Dans une ambiance empreinte d'émotion, mais sans médias, Dominique Strauss-Kahn a rencontré plusieurs centaines de personnes au siège du Fonds monétaire international pour leur dire "au revoir" en bonne et due forme et leur présenter ses excuses pour le tort que sa conduite a pu occasionner, ont indiqué des témoins à l'AFP.

Dominique Strauss-Kahn avait dû quitter le Fonds abruptement. Il avait écrit sa lettre de démission de la prison de Rikers Island, où il avait été incarcéré quelques jours après son arrestation, le 14 mai, sur la plainte d'une femme de chambre du Sofitel de New York, l'accusant de l'avoir violée. Il n'a recouvré toute sa liberté que le 23 août lorsque la justice américaine a classé cette plainte.

Selon deux témoins, l'ancien ministre français a répété par trois fois: "Je suis venu ici pour m'excuser auprès de ceux qui ont été blessés par toute cette histoire [...] c'était une erreur de ma part [...] et je suis désolé des répercussions négatives que cela a eu pour cette institution".

Dominique Strauss-Kahn avait reconnu avoir eu une relation sexuelle avec la plaignante, Nafissatou Diallo, et ses avocats ont estimé à la suite du classement de l'affaire que leur client avait payé cher "une erreur passagère de jugement qui n'avait rien de criminel". Mais l'ancien ministre français, qui était accompagné de son épouse Anne Sinclair, ne s'est pas étendu sur ses déboires lundi.

Parlant sans notes, il a dit être là "pour clore" son passage à la tête du Fonds et "dire au revoir".

Dominique Strauss-Kahn a également estimé qu'on ne pouvait lui "trouver meilleur successeur" que Christine Lagarde (qui a pris la tête du Fonds en juillet), et "pas uniquement parce qu'elle est Française".

Dominique Strauss Kahn a encore estimé que le Fonds avait "un rôle important à jouer": "Je ne suis pas trop optimiste pour ce qui va arriver [...] raison pour laquelle le rôle du FMI sera essentiel dans les mois qui viennent."

"Maladie mentale"

L'ex-Premier ministre socialiste Michel Rocard a condamné lundi soir en termes particulièrement vifs le comportement de "DSK" à New York avec la femme de chambre qui a provoqué sa chute en l'accusant de tentative de viol. "Cet homme a visiblement une maladie mentale, avec des difficultés à maîtriser ses pulsions. Il est hors du coup. C'est dommage, il avait un vrai talent, c'est vrai", a dit Michel Rocard sur Canal+.

Les ténors du Parti socialiste, dont les principaux dirigeants s'étaient félicités la semaine dernière de l'abandon des charges contre l'ancien patron du FMI par le procureur de New York, ont vivement attaqué l'ancien Premier ministre.

L'ancien ministre de la Culture et de l'Education Jack Lang a vivement répliqué sur LCI à Michel Rocard. "Michel Rocard a quelques difficultés aussi à maîtriser ses pulsions. Quand on est comme ça en public, sur des questions privées, on s'impose un minimum de retenue", a-t-il dit.

L'ex-Premier ministre Laurent Fabius a aussi condamné les propos de Michel Rocard. "Je ne savais pas que Michel Rocard était un expert médical international reconnu", a-t-il dit sur i-Télé.
 
Le candidat à la primaire Manuel Valls a expliqué de son côté sur BFM TV qu'il n'avait aucun problème avec Dominique
Strauss-Kahn. Prié de dire s'il était prêt à l'inviter dans un ses meetings, il a répondu qu'il ne l'excluait pas.

AFP

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