Droits de douane sur l'acier et l'aluminium: "Donald Trump se trompe de cible"

Après l'annonce jeudi de la décision du président des Etats-Unis Donald Trump du relèvement des tarifs douaniers américains sur des produits d'acier et d'aluminium importés de l'UE, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) met en garde contre tout risque d'escalade.

"Donald Trump se trompe de cible", affirme la fédération patronale. "L'Europe n'est pas à l'origine des surcapacités mondiales dans le secteur de l'acier", au contraire, les industries belges et européennes en subissent les effets négatifs au même titre que les américaines, estime la FEB. La collaboration avec les USA doit donc se maintenir.

"L'usage abusif" de l'argument scandé par Donald Trump, à savoir "America First", "risque de décrédibiliser le système commercial multilatéral construit autour des règles de l'OMC", prévient-elle encore.

La Fédération dit soutenir la prise de mesures de rééquilibrage par la Commission européenne, mais veut prévenir tout risque d'escalade. "L'Europe doit maintenant réagir fermement aux provocations américaines sur le plan commercial en ligne avec nos droits et obligations à l'OMC. Mais il convient pour la Commission d'agir de manière proportionnée, il ne faudrait pas finir par se tirer une balle dans le pied en adoptant des mesures néfastes pour les opérateurs européens qui importent des produits américains", souligne Pieter Timmermans.

Les sidérurgistes européens demandent des mesures de sauvegarde

La fédération européenne de l'acier Eurofer "condamne" la décision de Washington d'imposer des droits de douane de 25% sur l'acier et appelle la Commission européenne à "adopter rapidement des mesures de sauvegarde larges et complètes" géographiquement.

"La mesure américaine est du pur protectionnisme, un mauvais jour pour le système commercial mondial", a déclaré le directeur général d'Eurofer, Axel Eggert, cité dans un communiqué.

L'Union européenne "doit agir rapidement dans son propre intérêt pour défendre le marché intérieur", a-t-il ajouté. Les sidérurgistes européens craignent que l'acier qui ne sera pas importé aux Etats-Unis en raison des tarifs douaniers ne se dirige vers "le marché de l'acier le plus ouvert du monde, l'Europe".

Le directeur général d'Eurofer réclame donc "une mesure de sauvegarde déployée rapidement, qui couvre l'ensemble des produits qui seront affectés" et prévient qu'il "ne pourra pas y avoir d'exclusion de pays si la sauvegarde doit fonctionner".

Le but "n'est pas d'exclure les importations" d'acier en Europe, mais de prendre une "mesure préventive" contre la menace de hausse des importations, a souligné M. Eggert.

Selon Eurofer, les importations d'acier dans l'UE ont augmenté de 8,4% sur les 4 premiers mois de l'année, "presque sûrement" un effet des taxes douanières des Etats-Unis, a ajouté la fédération.