Dominique Leroy (Proximus) regrette que le plan ait fuité: "Il y a beaucoup d'émotion dans l'entreprise"

Au cours d'une commission paritaire extraordinaire, la direction de Proximus a informé les syndicats ce jeudi des conséquences sociales du lancement de sa stratégie #shifttodigital. Interrogée par la RTBF, la CEO de Proximus Dominique Leroy se refuse à parler de restructuration : "Ce qu'on a annoncé c'est surtout un plan de transformation de l'entreprise. Puisque nous sommes confrontés aujourd'hui à de plus en plus de demandes de services digitaux de la part de nos clients, nous avons mis un plan de transformation en place, mais aussi un plan qui requiert des économies. Dans le plan de transformation, il y a un plan de réduction des coûts : on vise une réduction de 240 millions d'euros sur trois ans. Une partie de cela est liée à l'emploi : d'une part, il y a des emplois qui vont être créés dans des départements qui vont répondre aux nouvelles attentes de nos clients, dans les services digitaux, etc. Mais nous avons aussi, à côté, des départements où la charge de travail diminue, où il y a moins de besoins de services que par le passé. Et là nous devons effectivement réduire le personnel. Nous allons mettre en place beaucoup de moyens de formation pour essayer de pouvoir former une grande partie de nos gens vers les métiers du futur. Mais à ce stade des discussions avec les partenaires sociaux nous avons envisagé la potentialité de 1900 départs, des gens qui ne pourraient pas se former vers les nouveaux métiers".

Interrogée par l'agence Belga, Dominique Leroy déclare qu'elle ne peut exclure que des licenciements secs interviendront dans le cadre du plan de transformation. Tout sera fait pour en limiter au maximum le nombre, selon Dominique Leroy, pour qui l'estimation de 1900 n'est pas définitive et "peut encore changer en fonction des discussions avec les partenaires sociaux". La question de savoir s'il y aura des départs volontaires ou éventuellement des prépensions est à ce stade "prématuré" et sera l'objet de la concertation sociale à venir.

La CEO parle également d'un "climat de concurrence sur le marché qui s'est fortement exacerbé ces derniers temps, principalement à la suite de l'arrivée de nouveaux joueurs" mais aussi de "pressions sur les prix importantes avec la suppression des frais d'itinérance, et avec maintenant la suppression des appels internationaux".

"Il y a beaucoup d'émotion dans l'entreprise"

Le Premier ministre Charles Michel a réagi assez sèchement mercredi lorsqu'il a appris que Proximus voulait se séparer de nombreux collaborateurs. Dominique Leroy "comprend que le Premier ministre ne soit pas satisfait puisque c'est par voie de presse qu'il a eu les informations, puisqu'il y a eu une fuite dans le plan que nous avons mis en place. J'ai eu une réunion assez longue avec lui mercredi, où l'on a expliqué le plan. Je pense qu'il faut aujourd'hui laisser place au dialogue social pour trouver les solutions adéquates et permettre à l'entreprise de faire cette transformation et d'être un acteur du monde digital du futur".

Dominique Leroy dit regretter la façon dont la communication s'est faite vis-à-vis des syndicats : "La communication était prévue la semaine prochaine mardi. On a eu des fuites qui font que tant les partenaires sociaux, que le personnel et le monde extérieur ont été informés de manière non structurée. Je pense que cela n'est pas bien. Il y a beaucoup d'émotion dans l'entreprise. Ce que nous voulons maintenant c'est de la sérénité pour le dialogue social".

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