Doel 3 et Tihange 2 à l'arrêt: quel impact sur nos factures d'énergie?

L'arrêt prolongé des centrales va-t-il faire grimper le prix de l'électricité?
L'arrêt prolongé des centrales va-t-il faire grimper le prix de l'électricité? - © Archive RTBF

Depuis jeudi, on sait que les réacteurs de Tihange 2 et de Doel 3 seront à l'arrêt jusqu'à la fin de l'année 2012. Dès lors, il faudra s'approvisionner ailleurs. Et en plein hiver, les Belges ne seront pas les seuls demandeurs. Cela va-t-il faire grimper le prix de l’électricité?

Pour le moment, il ne faut pas craindre une flambée de la facture d'électricité, puisque les prix sont gelés jusqu'à la fin de l'année. Mais ensuite? Si les deux réacteurs sont toujours à l'arrêt et si l'hiver est froid, la Belgique pourrait avoir besoin de ses voisins. Et importer de l'électricité, ça peut coûter cher, explique Axelle Polet, porte-parole d’Elia (le gestionnaire du réseau haute tension) "puisque le fournisseur n’aura pas en Belgique les unités de production suffisantes pour répondre aux besoins de la consommation. Donc il doit aller trouver d’autres unités de production en-dehors des frontières pour acheter de l’électricité. Cela risque évidemment de lui coûter plus cher au mégawatt afin qu’il soit toujours assuré d’avoir la production nécessaire pour répondre aux besoins de ses clients".

Mais si cela revient plus cher pour le fournisseur, ça ne veut pas forcément dire plus cher pour le consommateur, dont la facture, établie sur base annuelle, ne répercute pas chaque pic de prix. Laurent Jacquet, porte-parole de CREG, explique ce mécanisme : "Si, en hiver par exemple, le prix de bourse de l’électricité est plus élevé, ce n’est pas dramatique. Il faut voir le prix de manière globale, sur les 12 mois de l’année. Ces pics peuvent être facilement compensés".

Un marché plus large

Il faut dire aussi que le prix de l'électricité en Belgique dépend d'un marché plus large comprenant le Benelux, la France et l’Allemagne. Voilà qui diminue l'impact de l'arrêt de nos deux réacteurs. Cela s'est déjà vu lorsque l’Allemagne a décidé de fermer la moitié de son parc de centrales nucléaire après l’accident de Fukushima, rappelle Laurent Jacquet : "On a vu alors les prix en bourse de l’électricité grimper sensiblement. Mais après quelques mois les choses sont rentrées dans l’ordre et on a retrouvé des prix raisonnables".

Pour la CREG, il faut surtout empêcher certains opérateurs de calculer leurs tarifs sur le prix du pétrole. De quoi permettre de réelles économies pour le consommateur.

S. Falcinelli

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