Divorce, finances: le Belge ne revend sa maison que contraint et forcé

60% des habitations à vendre le seraient après un divorce ou un décès, voire un départ en maison de retraite.
60% des habitations à vendre le seraient après un divorce ou un décès, voire un départ en maison de retraite. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Sédentaire, le Belge ? Oui, si l’on en croit une enquête du courtier immobilier Century 21 qui montre que 60% des propriétaires ne vendent leur habitation que s’ils y sont obligés. En l'occurrence après un décès ou un divorce.

60% des habitations à vendre le seraient donc après un divorce ou un décès, voire un départ en maison de retraite. En d'autres termes, ce n'est que contraints et forcés que la majorité des Belges envisagent de quitter le logement dont ils sont propriétaires. Et d'ailleurs, ils y restent à peu près 30 ans en moyenne.

"On est moins riche séparément qu'à deux"

Ces constats ne surprennent pas Renaud Grégoire, notaire à Huy, en particulier le lien entre les divorces et les ventes immobilières : "Certainement la moitié des divorces débouchent sur la vente du bien pour deux raisons : il ne faut pas être grand calculateur pour se rendre compte qu’on est moins riche séparément qu’à deux. Et donc, fatalement, supporter une charge de prêt de 1000 euros, 1500 euros ou parfois 2000 euros en fonction des budgets tout seul sur un seul revenu, c’est quand même assez compliqué. Donc, il faut déjà obtenir de la banque de désolidariser le conjoint. Mais, en plus, il faut payer, généralement, au conjoint qui sort de l’indivision sa part dans l’immeuble. Les deux, c’est en général assez compliqué. Le seul cas où on peut arriver à s’en sortir c’est quand on arrive avec un salaire à assumer un crédit tout seul et qu’on a la chance d’avoir soit des économies, soit d’avoir des parents qui peuvent suppléer".

Ce qui signifie aussi pour pas mal de jeunes divorcés l’obligation de louer un bien.

Autre cause de vente: les problèmes financiers

Cela arrive évidemment. L’étude de Century 21 indique que 15% des propriétaires revendent leur habitation parce qu’ils ont du mal à nouer les deux bouts. Mais pour le notaire, il n’est pas simple de percevoir si ce sont des soucis financiers qui provoquent la vente.

"C’est très délicat parce que c’est un sujet sur lequel les gens ne se répandent pas parce qu’évidemment, un divorce on le voit, une succession on le voit. Des problèmes financiers, quand les gens viennent pour vendre leur bien, ils ne le disent pas vraiment. C’est toujours délicat comme étude parce que ça se base un peu sur le sentiment ou éventuellement sur ce que les gens disent. Donc, effectivement, on voit qu’il y a de plus en plus de personnes qui ont du mal financièrement", note Renaud Grégoire.

Ce qu’on peut dire avec certitude, c’est que le nombre des crédits hypothécaires défaillants augmente depuis plusieurs années. A la fin du mois de juin, il y en avait 34 000.

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