Discussions avec Ahold: "Delhaize refuse de nous garantir l'emploi"

"J’ai confirmé que l’accord sera intégralement exécuté, et cela concerne aussi les investissements prévus, afin de renforcer Delhaize Belgique" a confié Frans Muller à la RTBF. Une fusion de ces deux entités aboutirait à créer un géant de la distribution. Selon Frans Muller, ces discussions ne sont pas encore très avancées. Même si elles aboutissaient, elles ne remettraient pas en question les investissements prévus dans le plan de restructuration de Delhaize Belgique.

Le plan, adopté il y a trois mois à peine, réduit également le nombre de travailleurs. Toujours selon le dirigeant international, la direction belge n’était pas au courant de ces premières tractations avec Ahold, le groupe qui exploite l'enseigne Albert Heijn. Les syndicats en doutent et restent sur la défensive concernant les garanties à moyen terme.

Inquiétude des syndicats

Ces accords avec Ahold -un groupe fort éloigné du modèle économique et social de Delhaize- réactivent donc les inquiétudes des syndicats. Myriam Delmée, du SETca, reconnait qu’il "est relativement logique, dans le paysage belge et européen de la distribution, que le groupe subisse des changements".

"Cela fait 11 mois que l’on discute d’une restructuration avec la direction, qui n’a peut-être rien à voir (avec l’arrivée d’Ahold ). La première question que l’on se pose comme organisation syndicale, c’est : depuis quand ces discussions ont-elles lieu ? Et la restructuration n’est-elle qu’une étape dans ces discussions ? Parce que, en fonction du type de magasins qui seront exploité dans l’avenir, le volume d’emplois, le type d’emplois et la qualité des emplois seront différents" explique Myriam Delmée.

Les supermarchés Delhaize et Albert Heijn sont "deux types de commerces différents : il n’y a pas le même volume de travailleurs, ni la même organisation du travail. Il y a plus de rayons ‘à services’ chez Delhaize. Et il n’y a pas non plus le même statut pour les travailleurs. En fonction du type de magasins exploités à l’avenir, on risque d’avoir une perte importante de personnel. Et c’est pour cela que nous voulons avoir des renseignements. Delhaize refuse de nous garantir l’emploi" poursuit Myriam Delmée.

Depuis l’annonce des discussions avec Ahold, il n’y a eu aucune perturbation dans les magasins Delhaize, tient-elle à préciser, "cela me paraît tout à fait légitime que les travailleurs, qui ont accepté des régressions sociales non négligeable, sachent exactement dans quelle pièce ils jouent, et quel sera leur avenir".

Delphine Latawiec, de la CNE, indique également que "les rapprochements entre groupes, ce n’est pas nouveau. Peu importe le mariage, ce qui est important pour nous, c’est comment le personnel sera traité. Mais pour le moment, les discussions sont encore à un stade très précoce".

RTBF

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