"Dire que le CETA est une affaire des multinationales n'est pas du tout juste"

Donald Tusk, président du Conseil européen, Justin Trudeau, Premier ministre canadien et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.
Donald Tusk, président du Conseil européen, Justin Trudeau, Premier ministre canadien et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada doit être soumis au vote ce mercredi au Parlement européen à Strasbourg. Le oui devrait logiquement l’emporter. Didier Paquot, directeur du département Économie et Affaires européennes à l’Union wallonne des entreprises, a répondu aux questions de Mehdi Khelfat dans Matin Première sur les ondes de la RTBF. 

Cet accord est jugé par ses opposants comme trop favorable aux multinationales et peu scrupuleux de l’environnement. Vous, vous y êtes favorable. Vous nous envoyez donc dans les bras des multinationales et dans un enfer environnemental?

Certainement pas. Effectivement, il y a des multinationales qui sont sur le marché. Mais pour des pays comme la Belgique, et singulièrement pour la Wallonie, le tissu économique est fait principalement de petites et moyennes entreprises qui exportent aussi vers le Canada. Donc, dire que le traité est une affaire des multinationales n’est pas du tout juste. Il n'est pas non plus exact d'affirmer qu’on va limiter les règlements environnementaux sociaux. On voit très bien dans le traité qu’il y a certains articles qui montrent que les réglementations sociales environnementales, ainsi que les services publics, seront respectés de la manière dont ils sont faits dans les différents pays.

Vous ne craignez pas que le tissu économique wallon soit écrasé par la puissance d’entreprises canadiennes ou même américaines? 

Mais il n’y a aucune raison de penser que nos entreprises sont moins bonnes que les entreprises canadiennes. Et par rapport à la puissance de l’Europe, c’est plutôt le Canada qui devrait craindre la puissance d’une grosse région comme l’Europe. La Belgique a de très bonnes entreprises, la Wallonie a de très bonnes entreprises, qui sont habituées à aller sur les marchés extérieurs puisque nous sommes un petit marché donc nous avons besoin, dès le départ, d’aller à l’extérieur. Nos entreprises sont rompues aux exportations et sont donc tout à fait prêtes à aller sur le marché canadien. D’ailleurs, elles le disent. Il y a eu une enquête qui a été faite et 1000 entreprises wallonnes ont dit qu’elles étaient intéressées par le marché canadien et qu’elles iraient sur le marché canadien si on leur facilitait la tâche.

Est-ce que vous prédisez un effet sur l’emploi en Wallonie après l’adoption de ce traité?

Là il faut raison garder parce que le Canada n’est pas un partenaire extrêmement important de la Wallonie. Dans le total des exportations, le Canada représente moins de 1% des exportations wallonnes et nous n’aurons donc pas un effet important. Mais tout ce qui est à prendre est bon à prendre parce que nous avons besoin de plus d’activité économique en Wallonie, et donc nous avons besoin de plus d’exportations. Même si c’est une partie relativement minime, c’est toujours une bonne affaire pour l’économie wallonne.

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