Didier Gosuin: "45% de Brussels Airlines vendus pour le prix d'un bel appartement à Knokke"

Le ministre bruxellois de l'Emploi, Didier Gosuin (Défi), a déclaré lors de l’invité de la Première qu’il ne fallait pas s’étonner que Luftansa prenne des décisions qui ne plaisent pas aux Belges. Selon lui, il faut revenir à l’année 2008 pour comprendre la situation.

"Il ne faut pas faire les étonnés. Dès 2008, les partenaires belges ont décidé de vendre 45 % des actions de Brussels Airlines à Luftansa. Ils ont également reçu la certitude de pouvoir racheter les 55 % restants."

Il indique que la société allemande a racheté des parts de Brussels Airlines pour "le prix d’un bel appartement avec vue sur mer à Knokke, 2,6 millions d’euros" alors que l’entreprise fonctionnait bien et dégageait des bénéfices  

Alors que Charles Michel a déclaré qu’il allait s’entretenir avec Angela Merkel, Didier Gosuin doute de l’influence du Premier ministre : "Il ne faut faire croire que le Premier ministre peut avoir un poids. À partir du moment où on remet les clés à la Luftansa en 2008, il ne faut pas s’étonner qu’elle prenne un certain nombre de décisions qui ne nous plaisent pas."

Fuite vers l’étranger

Lors de la création de Brussels Airlines, c’était une volonté du secteur financier et des autorités belges, à l’exception de la Flandre de maintenir une société belge, indique-t-il : "Le paradoxe, c’est que la Flandre n’a pas voulu soutenir Brussels Airlines, en n'investissant pas dans le capital alors qu’il s’agit d’une activité qui se situe sur son territoire."

Depuis plus 40-50 ans, il regrette l'absence il n’y a plus de patriotisme économique belge: "Dès qu’ils le pouvaient, les grands financiers belges vendaient leurs actifs en France, comme Carrefour. C’est le résultat d’une absence de consensus belge."  

L’impact économique du survol de Bruxelles

Selon Didier Gosuin, la Région bruxelloise a réalisé une étude sur l’impact économique pour objectiver le débat. "Le dirigeant de Brussels Airport Arnaud Feist prétend que les normes environnementales nuisent au développement de l’aéroport. Or, depuis l’établissement des normes, le nombre de passagers et l’activité augmentent."

À ses yeux, le gouvernement fédéral et la Flandre ne veulent pas de transparence. Il déclare que la véritable mesure à prendre, c’est prolonger les pistes vers le Pajottenland de manière à diminuer les nuisances sonores sur les populations de Flandre ou de Bruxelles. "Tous les spécialistes disent que c’est la bonne solution alors qu’on continue à urbaniser les zones agricoles. Il n’y a pas non plus de liens de causalité entre les normes environnementales et le développement économique."

Il prend l’exemple de l’Allemagne où, d’après lui, tous les aéroports sont régis par des normes similaires à celles que imposées à Zaventem.

Il s’en prend également au ministre flamand du Transport, Ben Weyts (N-VA), qui refuse d’appliquer le principe des Nuits européennes, c’est-à-dire commencer les activités à 7h du matin au lieu de 6h.

Le gouvernement fédéral doit réaliser une étude d’incidence pour trouver une alternative au Plan Wathelet, mais rien n’a encore été décidé. Cette situation est due au "Cela montre Le MR est incapable de prendre une décision, c’est la N-VA qui donne le la dans ce gouvernement. Elle leur a dit : "pas touche, on ne fait aucune concession"."

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