Dexia: la Belgique assumera 53% de la recapitalisation, la France 47%

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Dexia - © JOHN THYS (belga)

L'accord est tombé cette nuit et il a largement perturbé les négociations budgétaires du gouvernement: la Belgique et la France vont recapitaliser Dexia à raison de 5 milliards et demi d'euros et plus de la moitié de cette somme sera assumée par la Belgique. Une quasi-nationalisation, selon l'administrateur délégué de Dexia.

La Belgique injectera exactement 2 milliards 900 millions d'euros dans la recapitalisation de Dexia, soit 53% de la somme totale. Les 47% restants seront à la charge de la France. Le Conseil d'administration de Dexia s'est réuni ce mercredi jusque tard dans la nuit avec à son ordre du jour l'approbation des résultats du troisième trimestre et le besoin de recapitalisation de la banque, estimé à environ cinq milliards d'euros.

Le holding a besoin d'argent frais pour rassurer ses investisseurs. Et c'est finalement 5,5 milliards qui seront injectés. Il fallait un accord ce matin avant l'ouverture des marchés, avant que Dexia, qui n'a plus rien à voir avec la banque Belfius,  n'annonce officiellement son besoin de recapitalisation. Et l'accord été trouvé in extremis dans la soirée. La France et la Belgique ont décidé de recapitaliser Dexia pour un montant de 5,5 milliards d'euros. Jusqu'au bout, les discussions auront été serrées  pour savoir qui allait payer quoi et à quelles conditions. La Belgique voulait un partage équitable de cette recapitalisation mais ce ne sera pas du 50/50: la Belgique supportera 53% de l'effort contre 47% pour la France. Par contre, le plafond des garanties  a été diminué de 90 à 85 milliards et la part belge de ces garanties pour la Belgique passe de 60,5 % à 51,4. Résulat: une moins grande exposition au risque mais aussi des rentrées moindres pour l'Etat. A titre indicatif cette année Dexia a rapporté 300 millions à l'Etat.

Comment la Belgique va-t-elle payer cette recapitalisation?

Ces 2 milliards 9 que la Belgique va devoir injecter dans Dexia, il faut les trouver. Là, une formule circule. La Belgique emprunterait la somme et n'inscrirait dans le budget que les seuls intérêts. Cet emprunt serait ensuite converti en prêt avec intérêt de l'Etat belge à Dexia, une formule en apparence idéale à condition que l'Europe l'accepte et que Dexia soit à même de rembourser cet emprunt.

Les négociations ont été menées par le ministre des Finances Steven Vanackere. Ces négociations perturbent d'ailleurs le déroulement normal des discussions budgétaires en cours.

Par ailleurs, l'administrateur délégué et président du comité de direction de Dexia Karel De Boeck devait être entendu vendredi matin par la commission spéciale de la Chambre chargée du suivi de la crise financière, mais la réunion a été "reportée à une date ultérieure", d'après le site de l'assemblée.

Karel De Boeck s'est cependant exprimé sur l'accord intervenu.

"Une nouvelle recapitalisation était nécessaire car Dexia doit faire face à des fonds propres sociaux négatifs de 2,2 milliards d'euros", a-t-il précisé. Faute d'accord entre les Etats, "nous aurions eu un corbillard devant la porte", a ajouté le responsable en affirmant qu'"une liquidation totale et immédiate de Dexia - dont les différents engagements courent jusqu'en 2099 - coûterait un argent fou".

"Dexia n'est pas une bad bank, une banque de défaisance. C'est un établissement aux actifs de qualité mais dont le financement est insuffisant", a encore expliqué l'administrateur délégué en soulignant par ailleurs la sévérité croissante de la Banque centrale européenne à cet égard. "La BCE a posé ses limites et nous oblige désormais à nous financer sur les marchés extérieurs, ce qui est forcément plus coûteux", a-t-il affirmé.

Mauvais chiffres

Le groupe Dexia a essuyé une perte nette d'1,225 milliard d'euros au troisième trimestre, dont 296 millions d'euros de perte générée sur ses activités poursuivies, a annoncé jeudi le groupe franco-belge. Dexia a souffert de la cession d'actifs et d'un coût de financement élevé. Sur les neuf premiers mois de 2012, le groupe a dégagé une perte nette part du groupe de 2,391 milliards d'euros.

Au cours du troisième trimestre, Dexia a notamment dû faire face à une moins-value sur la cession de la filiale turque DenizBank (-599 millions d'euros) ou à des ajustements relatifs à la modification du prix de cession de DMA (-466 millions d'euros).

"En excluant ces éléments atypiques, le résultat net de la période demeure négatif et en baisse de 714 millions d'euros par rapport au résultat dégagé durant les 9 premiers mois de 2011. Ceci s'explique essentiellement par un coût de financement élevé, en raison du recours à la garantie de liquidité temporaire accordée par les Etats belge, français et luxembourgeois ainsi qu'aux lignes de liquidité d'urgence (ELA)", explique Dexia dans un communiqué.

RTBF

 

 

 

 

 

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