Dexia: chronique d'une année de naufrage

Dexia: chronique d'une année de naufrage
2 images
Dexia: chronique d'une année de naufrage - © belga

Depuis septembre 2008, Dexia n'en finit pas d'entraîner la Belgique dans un puits sans fond. Le citoyen se demande pendant combien de temps il va encore devoir payer pour cette institution qui ne lui apporte, ne lui rapporte plus rien. Retour sur une année de naufrage financier.

En 2012, l'année Dexia a commencé le 1er mars avec l'envol définitif de Belfius hors du groupe en ruine.

Les enseignes de Dexia sont démontées une à une sur les bureaux de la banque. Devenue 100% belge, elle change de nom et devient Belfius, pour bien montrer qu'elle n'a plus rien à voir avec le groupe franco-belge Dexia en pleine débâcle financière.

Un patient en mauvais état

Un pied en France, l'autre en Belgique, l'ancienne maison-mère de la banque, le groupe Dexia continue d'être un patient autour duquel on s'affaire.

Les députés en commission parlementaire essayent de comprendre comment un groupe financier a pu sombrer et suggèrent des pistes pour éviter que cela se reproduise à l'avenir.

Il y a ceux qui s'inquiètent, encore et toujours. Car les bulletins de santé du malade se succèdent, toujours très inquiétants. Au printemps 2012, on prend connaissance des résultats pour l'année précédente: une perte abyssale de plus de 11 milliards d'euros.

Un des patrons du groupe Pierre Mariani est bien forcé de le reconnaître: "Nous payons les conséquences des excès du passé".

Aux assemblées générales du groupe, les actionnaires sont amers. Ils ont quasi tout perdu. Les deux patrons, Pierre Mariani et Jean-Luc Dehaene annoncent qu'ils vont démissionner pendant l'été. Pour certains actionnaires, "les rats quittent le navire". Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani expliquent avoir été nommés pour gérer l'héritage du passé et n'avoir plus rien à faire. Ils passent le témoin à Karel De Boeck, un ancien de Fortis banque.

Parallèlement, le groupe Dexia reste une menace. Il continue à perdre de l'argent. Il engloutira plus d'un milliard d'euros entre janvier et juillet 2012. A plusieurs reprises, le gouverneur de la Banque nationale, Luc Coene avertit : les Etats belges et français vont devoir mettre la main au portefeuille.

Vers le crash final?

Il y a une autre inquiétude, en cas de crash de Dexia, la France et la Belgique garantissent 90 milliards d'euros à Dexia. Dont la plus grande part, 60%, pour la Belgique. Selon le député Ecolo Georges Gilkinet, "la note risque d'être salée pour l'Etat belge".

Le dossier de la recapitalisation de Dexia revient en urgence à l'automne sur la table des gouvernements. Un accord est trouvé. La France et la Belgique injectent 5,5 milliards d'euros pour éviter la faillite. Plus de la moitié à charge des Belges.

Les garanties à Dexia sont renégociées. Elles passent de 90 à 85 millliards d'euros. La part des Belges diminue de 60,5 à 51,4%. Mais on n'est jamais sûr que cela suffira. En 2013, Karel Deboeck, le patron de Dexia s'attend à perdre un milliard d'euros...

2013, une année qui sera donc encore difficile pour Dexia. Heureusement, 2012 s'achève sur une bonne nouvelle. La Commission européenne vient ce vendredi matin d'approuver le plan de sauvetage du groupe franco-belge.

Jean-François Noulet

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK