Devenir propriétaire avec un revenu minimum? C'est possible à Bruxelles

Le Community Land Trust Bruxelles offre la possibilité de devenir propriétaire à presque tout le monde. Un premier immeuble est occupé depuis la fin de l'année dernière à Molenbeek. Il comprend neuf logements pour une bonne trentaine de personnes.
Le Community Land Trust Bruxelles offre la possibilité de devenir propriétaire à presque tout le monde. Un premier immeuble est occupé depuis la fin de l'année dernière à Molenbeek. Il comprend neuf logements pour une bonne trentaine de personnes. - © Tous droits réservés

Être propriétaire de son logement est un souhait partagé par quasiment toutes les familles belges. Mais comment l'acquérir quand on ne dispose que d'un faible revenu? En Belgique, le Community Land Trust Bruxelles (CLTB) propose une solution.

La formule vient des États-Unis. Le Community Land Trust achète le terrain dont il reste propriétaire. Il construit les logements qui sont vendus à un prix plus accessible vu que le sol n'est pas compris. A Bruxelles, le principe a été poussé un peu plus loin comme l'explique Thibaut Leroy, coordinateur administratif et financier du CLTB: "La spécificité qu'a voulu la Région bruxelloise quand elle a lancé le Community Land Trust, c'était de donner l'accès à la propriété même aux ménages les plus pauvres de ceux qui ont accès aux logements sociaux. Nous avons développé une formule spécifique qui permet à chaque acquéreur d'un logement CLT de consacrer 30 % de ses revenus au remboursement de son crédit ce qui permet à certains ménages avec des revenus très bas de devenir propriétaire et c'est la Région qui investit le subside en complément".

Le système s'adresse notamment aux personnes en recherche d'un logement social. Le prix peut être adapté aux revenus selon Thibaut Leroy: "Lors de l'acquisition, deux ménages pour un même appartement pourront payer des prix différents. Par contre, lorsque ces ménages souhaiteront revendre pour quitter le logement, chacun récupérera uniquement ce qu'il a investi au départ". Ajoutons que le propriétaire ne recevra qu'une petite part de la plus-value. Le solde sera pour le Community Land Trust afin de soutenir d'autres projets.

Responsabiliser

Six projets sont lancés pour une centaines de logements. Le premier a abouti fin 2015 à Molenbeek, neuf logements, environ 35 habitants. Des propriétaires associés depuis le début de la démarche et qui sont co-responsables de la gestion de leur immeuble: "C'est un des gros enjeux auxquels sont confrontés ces propriétaires. Ils deviennent d'un coup les responsables de leur copropriété. Nous travaillons régulièrement avec eux sur des questions de syndic, de gestions des charges communes mais aussi de la provision pour de futurs travaux. Nous constatons qu'ils s'intéressent beaucoup à ces questions, ce sont des sujets des qui les préoccupent. De manière plus générale, ils s'impliquent dans la dynamique de leur quartier et dans le vivre ensemble".

La question suivante se pose: le système ne fonctionne que grâce aux subsides, coûte-t-il cher? Il y a deux réponses. Premièrement le coût est proche du celui du logement social, voire même un peu moins élevé et deuxièmement le propriétaire entretient toujours mieux son logement que le locataire. Donc, l'immeuble en copropriété via le Community Land Trust vieillira bien et demandera moins de gros investissements de rénovation. Cela dit, à Bruxelles, la formule est encore trop récente pour en tirer des conclusions définitives mais c'est clairement un projet novateur en Belgique.

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