Deux avions A380 vont être vendus en pièces détachées à défaut d'acheteur unique

Deux A380 de la compagnie Singapore Airlines, les très gros porteurs assez récents d’Airbus, vont être vendus en pièces détachées après à peine une décennie d’exploitation commerciale.
Deux A380 de la compagnie Singapore Airlines, les très gros porteurs assez récents d’Airbus, vont être vendus en pièces détachées après à peine une décennie d’exploitation commerciale. - © Belga/AFP

Deux A380 de la compagnie Singapore Airlines, les très gros porteurs assez récents d’Airbus, vont être vendus en pièces détachées après à peine une décennie d’exploitation commerciale.

La société allemande propriétaire de ces deux appareils n’a pas trouvé de compagnie aérienne pour les faire voler, pour les racheter. Elle a donc finalement décidé de les vendre en morceaux, à la découpe. Les moteurs d’un côté, les systèmes électroniques de l’autre, les trains d’atterrissage, des tonnes de pièces de rechange qui pourraient rapporter 80 millions de dollars pour chaque appareil, moins de 20% du prix catalogue pour des avions qui ont une petite dizaine d’années.

Une demande en baisse

Ces appareils qui sont en parfait état de fonctionnement n’intéressent personne, aucune compagnie aérienne à travers le monde. Mais la demande pour les A380 neufs est réduite elle aussi. "C’est un avion qui a à peine dépassé les 300 commandes fermes, explique Jean Collard, de la société de bourse Leleux. C’est d’ailleurs une structure assez malsaine dans les commandes, puisque la moitié des commandants, plus ou moins 150 appareils, a été commandée par une seule compagnie, Emirates. Il est véritablement adapté à une zone de niche, malgré les analyses d’Airbus, qui considère qu’il y aurait aux alentours de 1180 appareils vendables d’ici 2036. Et 1180 appareils, c’est très peu comparativement aux dizaines de milliers d’appareils type Boeing 737 ou type Airbus A320".

Il n’est d’ailleurs même pas certain qu’Airbus parviendra à vendre plus de 1000 Airbus A380. Sur cet appareil Airbus, il y a en fait deux problèmes. D’abord, le coût d’exploitation de l’A380 en général est trop élevé au regard de ce que d’autres avions long-courriers permettent de faire aujourd’hui. La comparaison ne lui est pas favorable, mais en plus, à supposer même qu’une compagnie soit intéressée par un A380 d’occasion, les coûts de reconfiguration sont aussi trop élevés.

Un marché en pleine croissance

Le marché de la pièce détachée est un marché qui est en pleine croissance. Il puisait quelque chose comme trois milliards d’euros il y a quelques années, ce sera sans doute près de cinq milliards et demi ou six milliards d’euros en 2023. Ce n’est pas nouveau comme marché, mais il intéresse de plus en plus certaines compagnies.

"Maintenant, avec les compagnies low cost, ils cherchent, d’où leur nom, à être le moins cher possible et le rachat de pièces d’occasion, constate Jean Collard. On le voit d’ailleurs, il y a deux A380 qui viennent d’être rachetés par une compagnie portugaise et qui, par l’entre-fait que c’est un low cost, va racheter des pièces d’occasion sur ce marché-là. C’est donc la preuve qu’il y a une volonté d’avoir des coûts les plus faibles possible dans le domaine du transport aérien".

Car les pièces d’occasion sont 40 à 70% moins chères que les pièces neuves. A priori, elles ne posent pas de problèmes particuliers de sécurité, selon Jean Collard, dans la mesure, dit-il, où leur traçabilité est extrêmement pointilleuse.

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