Dette grecque: casse-tête européen, comment impliquer les banques ?

Jean-Claude Trichet, président de la BCE et Jean-Claude Juncker, à la tête de l'Eurogroupe
Jean-Claude Trichet, président de la BCE et Jean-Claude Juncker, à la tête de l'Eurogroupe - © Georges Gobet (AFP)

Toujours le casse-tête de la dette grecque: les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis en urgence ce mardi à Bruxelles. Six heures de discussions n'ont rien apporté. Comment impliquer le secteur privé, en l'occurrence les banques, dans un nouveau paquet financier pour la Grèce ? C'est la question centrale.

La Grèce s'apprête à vivre une neuvième grève générale depuis le début de la crise : transports immobilisés, écoles et administrations fermées, fermetures des magasins, grèves des journalistes, manifestations et occupations des places publiques dans tout le pays. 

La contestation gronde y compris dans le Parlement où un député socialiste a démissionné, réduisant ainsi à 155 sièges sur 300 la majorité gouvernementale en vue du vote crucial, fin juin, sur le plan de redressement dicté par l'UE et le FMI.

La Grèce a une dette de 350 milliards d'euros. Elle a obtenu une première aide de 110 milliards l'an dernier. Une aide qu'il faudra rembourser et assortir de mesures d'austérité sévères. 

Il est question d'un second plan de 90 milliards avec de nouvelles privatisations et de nouvelles mesures d'austérité. Mais qui va prêter cet argent à la Grèce dont la capacité à rembourser sa dette est de plus en plus douteuse ?

Impliquer les banques privées pour un tiers de cette nouvelle aide ? C'est ce que préconisent l'Allemagne et les Pays-Bas. Oui, mais la Commission européenne, la Banque centrale européenne et plusieurs pays n'y sont pas favorables. En effet, les banques elles-mêmes se fragilisent en prêtant de l'argent à un pays qui pourrait ne pas rembourser sa dette.

Pour preuve, l'agence de notation Moody's a placé sous surveillance des banques françaises : la Société Générale et le Crédit Agricole. Pourquoi ces banques-là ? Simplement parce qu'elles sont actionnaires de deux banques grecques. 

Les banques privées ne veulent pas mourir pour Athènes. Même si, dans l'immédiat, ceux qui prêtent à la Grèce exigent des taux colossaux. 

Les ministres des Finances de l'Eurogroupe reprendront leurs discussion dimanche et lundi prochain pour trouver une solution avant la fin du mois..

F. Nice

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