"Le FOREM fait de l'excès de zèle": des procédures contre-productives de contrôle de disponibilité

La régionalisation d’une partie des compétences de l’emploi, réclamée par la Flandre, est-elle efficace ? Ce jeudi, des données chiffrées doivent être communiquées officiellement par l’Onem. Yves Martens, coordinateur de l’ASBL Collectif Solidarité contre l’Exclusion qui a déjà pu consulter ces données, les commentait dans Matin Première.

"Chaque région a une certaine latitude, par rapport au cadre normatif légal, expliquait-il. Le principe est qu’un chômeur doit être disponible sur le marché du travail, et nous ne remettons pas cela en cause. Le chômage indemnise l’absence d’emploi, et s’il y a de l’emploi, les chômeurs doivent être disponibles pour cet emploi. Le souci est que depuis 2004 a été mis en place ce qu’on appelle la disponibilité active, c’est-à-dire le fait pour le chômeur de devoir prouver en permanence qu’il cherche activement de l’emploi". 

Ce qui comprend, par exemple, l'envoi de CV et de lettres de motivation : "C’est une procédure qui était menée par l’Onem depuis 2004 et qui a été régionalisée et reprise par le VDAB en Flandre et le Forem en Wallonie en 2016, et par Actiris à Bruxelles  en 2017". A distinguer de la disponibilité "passive" qui a toujours existé et qui consiste à devoir accepter un emploi, une formation, répondre aux convocations, etc.  

Et contrairement à ce que véhiculent certains clichés, c'est surtout la Wallonie qui sanctionne énormément en disponibilité active.

"Ce qui nous désole, explique Yves Martens, c’est que pendant des années, on avait dénoncé la manière dont l’Onem menait les procédures, qui s'avéraient extrêmement administratives, peu concluantes et qui n’aident pas réellement les chômeurs à trouver de l’emploi. Parfois on avait des chômeurs qui cherchaient efficacement de l’emploi, mais qui devaient avoir une autre forme de recherche d’emploi à côté pour satisfaire aux critères administratifs!"

Et il semblerait que selon l'association, le Forem a fait un copier-coller de ce qui se faisait à l’Onem: "C’est resté bureaucratique, jusqu’à l’absurde. On demande parfois des choses aux gens qui sont complètement délirantes. En Flandre et à Bruxelles, ils se sont saisis de la régionalisation pour faire les choses autrement, d’une manière semble plus logique et met le paquet sur l’accompagnement et sur ce qui est censé normalement aider réellement les chômeurs à chercher et à trouver de l’emploi". 

Le refus d’emploi par contre, qui est un des motifs de sanction, représente deux pour 1000 des sanctions. Il n’y a quasiment pas de refus d’emploi. 

Le paradoxe est qu’on demande plus en disponibilité "active" dans la région où l’accès à l’emploi est le plus difficile: "Ça paraît complètement absurde de mettre cette pression d’autant plus intensive sur les chômeurs wallons alors que la situation de l’emploi est complètement différente. Ça ne veut pas dire qu’on cautionne tout ce qui est fait de la manière dont c’est fait en Flandre, mais ça paraît quand même plus sensé et plus en lien avec une qualité de terrain". 

Actiris a aussi adopté une procédure qui est davantage tournée vers l’accompagnement et qui corrige une bonne partie des absurdités, tel que l’Onem les pratiquait: "Pour vraiment faire un bon accompagnement, supprimons cette disponibilité active qui est absurde et qui est contre-productive.

Des procédures qui n'ont rien à voir avec la nouvelle majorité MR-cdh, puisqu'elles ont été mises en place avant son arrivée au pouvoir: "Je pense que le Forem veut à tout prix paraître être un bon élève et fait de l’excès de zèle pour ne pas se faire critiquer par la Flandre". 

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