"Des ouvriers sont en train de construire les robots qui les remplaceront"

Le thème officiel du forum de Davos, ce brainstorming mondial qui a débuté ce mercredi, est la quatrième révolution industrielle qui pourrait transformer l'économie mondiale. Cette "révolution" est liée aux nouvelles technologies. Interrogé par la RTBF, l'économiste Geert Noels explique que "ceux qui maîtrisent la technologie trouvent que c'est une bonne chose. J'ai des doutes sur l'aspect positif : je crois que la robotisation va en fait détruire énormément de jobs tels qu'on les connait aujourd'hui. C'est un vrai défi pour les économistes aujourd'hui de réfléchir comment absorber tout cela et créer de nouveaux emplois propres à la nouvelles révolution industrielle. Est-ce dans l'économie de partage? Cela n'augmente-t-il pas le risque d'exploitation? Aura-t-on plus de temps pour les loisirs? Travaillera-t-on moins? Ce sont autant de défis intellectuels pour les économistes car cela va déstabiliser le monde dans lequel nous vivons".

"Coloniser Mars"

Pour Geert Noels, "les dirigeants de la Silicon Valley rêvent de leur immortalité. Certains d'entre eux délirent et croient qu'ils vivront jusque 150 ans ou être immortels, que grâce à l'impression 3D on remplacera les organes, comme on change les pneus d'une voiture. Ils pensent qu'ils ne mourront jamais. Cela crée une atmosphère bizarre où on pense qu'on est au-dessus du monde, qu'on dépasse les êtres mortels. Ils rêvent de coloniser Mars. Cela crée un risque à partir du moment où ils pensent que c'est à eux de former la société".

"Monde fou"

Les nouvelles technologies ont déjà aujourd'hui un impact sur le marché de l'emploi : "Nous travaillons moins qu'il y a 10 ou 20 ans. Mais le vrai problème c'est que l'être humain veut être impliqué dans un processus de création. Le bonheur vient aussi par l'interaction humaine dans le travail. Cet aspect est sous-estimé", poursuit Geert Noels.

En Chine, des dizaines de milliers d'ouvriers de Foxconn fabriquent notamment les iPhones: "Ces ouvriers sont en train de construire des robots qui les remplaceront pour faire leur boulot. Comme ils ne sont pas stupides, ils y réfléchissent et font des grèves pour résister. C'est cela le monde fou dans lequel nous vivons, où des robots sont en train de remplacer des milliers d'emplois" conclut Geert Noels.

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