Des milliers de sociétés probablement à vendre dans les prochaines années en Belgique

Statistiquement, les chances de réussite sont deux fois plus élevées pour un acquéreur que pour un starter.
Statistiquement, les chances de réussite sont deux fois plus élevées pour un acquéreur que pour un starter. - © ERIC LALMAND - BELGA

C'est un enjeu clé pour notre économie: des milliers de sociétés seront probablement à vendre à Bruxelles et en Wallonie dans les prochaines années.

Occasion de vendre à bon prix, envie de faire autre chose, problèmes de santé, difficultés financières, chaque chef d'entreprise a ses raisons pour vendre. Et ce n'est pas nouveau. Ce qui change, et ce qui explique pourquoi beaucoup de sociétés seront à vendre, c'est la démographie. Nos chefs d'entreprises vieillissent eux aussi, et après une vie professionnelle bien remplie, beaucoup aspirent à prendre leur retraite en valorisant, ce qui est souvent le fruit d'une vie de travail, leur entreprise.

Trop d'acheteurs pour ces nombreux vendeurs ?

La crainte est qu'il n'y ait pas assez d'acheteurs potentiel. Et que certaines entreprises disparaissent faute de repreneur. Faute d'une double liste des entreprises à vendre, et des acheteurs, il est pratiquement impossible de se faire une idée précise de ce marché.

Surtout que ceux qui veulent vendre sont généralement très discrets. Ils craignent, par exemple, que le climat social se dégrade dans leur entreprise, que les meilleurs éléments partent, ou encore que les clients ou les fournisseurs ne lui fassent plus confiance.

L'embarras du choix ?

Cela ne signifie pas pour autant que ceux qui veulent acheter une société ont l'embarras du choix. Selon Igor Iweins, qui a longtemps travaillé comme consultant en cession d'entreprises, il n'est pas simple de trouver la perle qu'on rêve de racheter : "Souvent les sociétés sont trop intimement liées à la personnalité et à l'expérience du fondateur, du directeur de la société. Dans ce cas, le départ de ce personnage central réduit fortement la valeur de la société. C'est souvent le cas pour les petites sociétés". Or l'écrasante majorité de nos entreprises sont très petites.

L'autre point qui pose souvent problème est la valorisation de la société: son prix. Un prix trop élevé peut faire capoter une transaction, ce n'est pas un scoop, mais dans le cas d'Igor Iweins qui a troqué sa vie de consultant contre celle de chef d'entreprise en rachetant une société avec son associé il y a 3 ans, le prix de vente n'était pas le principal défi: "Nous avons pris énormément de risques quand nous avons fait le grand saut, et nous avons pris cette société qui était en situation financière très compliquée. Dans ces moments-là, la question du prix ne pose pas trop de difficultés. C'est plutôt trouver les repreneurs qui pose problème dans ces cas-là".

Gros risques donc, mais Igor Iweins avait l'impression qu'il avait déniché une belle endormie, avec un personnel compétent, un savoir-faire, un marché. Aujourd'hui son atelier-traiteur Grain noir emploie 80 personnes.

Reprendre une société ou lancer son propre business?

Statistiquement, les chances de réussite sont deux fois plus élevées pour un acquéreur que pour un starter.

Ensuite, tout est question d'opportunité, d'expérience et de tempérament aussi. Certains vont préférer tout construire à partir de zéro, "from scratch", alors que d'autres préféreront développer, ce qui existe déjà.

Davantage d'explications sur le site de la semaine de la transmission

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