Des mesures d'austérité sous-estimées? L'Europe reste discrète

Olivier Blanchard explique que les calculs du FMI sous-estiment les effets négatifs des mesures d'austérité réclamées aux états les plus endettés.
Olivier Blanchard explique que les calculs du FMI sous-estiment les effets négatifs des mesures d'austérité réclamées aux états les plus endettés. - © AFP PHOTO / IMF / Stephen Jaffe

Dans les milieux dirigeants européens, on reste plutôt discret sur l'affaire, mais elle commence quand même à faire du bruit : dans une note récente, l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard explique que les calculs du FMI sous-estiment les effets négatifs des mesures d'austérité réclamées aux états les plus endettés. Jusqu'ici, les dirigeants européens refusaient d'entendre les économistes qui défendaient déjà cette idée

L'affaire va évidemment faire hurler à Athènes ou à Lisbonne. Les effets de l'austérité calculés par le FMI sont faux. Ils sous-estiment de deux à trois fois les effets des politiques de restriction budgétaire en Europe. Le FMI retenait en moyenne qu'un euro économisé entraînait un demi euro de baisse d'activité : et bien non, tous comptes fait c'est probablement deux à trois fois plus, c'est ce qu' écrivent dans une récente note technique les deux économistes en chef du FMI.

D'où vient l'erreur ? D'une reproduction trop mécanique des enseignements des crises précédentes. On ne tient pas assez compte qu'en dessous d'un certain plancher d'austérité de nouveaux comportements apparaissent , et en outre se cumulent pour amplifier les catastrophes. Raisonnement étroit d'économistes aveugles qui ne regardent pas de près les sociétés. 

Malgré son passé de sévérité connu en la matière, le FMI n'est pourtant peut-être pas le plus sévère en la matière. Même dans ses couloirs, certains disaient déjà que les dirigeants européens étaient un peu fous avec les Grecs et les pays les plus endettés.

L'aveu, en soi une bonne chose, de cette erreur par les deux économistes en chef du FMI signifie en tout cas que les politiques mises en œuvre ont peu de chances d'aboutir au but recherché. Mais cela va-t-il changer quelque chose ? Jusqu'ici aucun dirigeant ne s'est exprimé à ce sujet.  

 

M. Molitor

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