Des investissements en baisse dans les communes wallonnes, comment l'expliquer?

Il est venu le temps des bilans communaux et des campagnes électorales au niveau local. C’est un classique: lors de chaque année électorale, les investissements des communes en infrastructures connaissent une nette augmentation et les travaux fleurissent un peu partout. Les chiffres montrent alors un pic de rénovation des voiries locales. Mais cette année - et c'est bien une première - ce n'est pas le cas. 

Si l’on tient compte de l’évolution des prix, les communes wallonnes ont même investi de 20 à 25% de moins que lors de la dernière année électorale, en 2012. C’est une première en 39 ans d’analyse par Belfius des finances communales.

"L’évolution de ce cycle, de cette mandature, est tout à fait atypique en Région wallonne. On peut comparer ça à cinq ou six cycles précédents et on n’a jamais eu ce phénomène. D’habitude, les deux ou trois dernières années, on a une hausse progressive des investissements et ici ça ne s’est absolument pas observé", explique Arnaud Dessoy, du service d’étude de la banque.

Un cadre budgétaire plus strict

Il faut dire que le cadre budgétaire des communes est plus strict et plus contraignant qu’avant. Le nombre de communes wallonnes qui affichent un déficit budgétaire pour l’année 2018 s’élève à 0. Il y en a aucune parce que c’est une obligation régionale depuis 2014. Les finances communales sont donc plus saines qu’avant, mais il y a aussi des pressions budgétaires sur les autorités locales suite à des décisions prises par d’autres niveaux de pouvoir.

Le taxshift a légèrement tassé les revenus communaux en impôts sur les personnes physiques. Mais en fait, ce sont surtout les dépenses des communes qui ont été augmentées. Le régime de sanctions et de limitations dans le temps et les allocations de chômage introduits en 2015 ont fait augmenter les dépenses communales en revenu d’intégration. Les dépenses en matière de pensions pour les fonctionnaires ont augmenté de 9% par an depuis les hausses barémiques de la réforme des pensions de 2011, les budgets sont serrés et dans ce contexte-là, les investissements sont forcément revenus à la baisse.

Un sous-investissement conduit vraiment à des problèmes

Mais aujourd’hui ou demain, il faudra quand même investir. Quand une route est détériorée, il faut évidemment dépenser. Il faut la réparer, la reboucher. "Un sous-investissement conduit vraiment à des problèmes, à des difficultés et entraîne finalement des surcoûts, puisque si les coûts d’entretien n’ont pas été réalisés, à moment-là on doit procéder à des investissements de rénovation beaucoup plus lourds", analyse Arnaud Dessoy.

Les dépenses vont donc être un véritable défi pour les communes dans les années à venir, au point que pour le service d’étude de Belfius, le scénario de nouvelles fusions de communes n’est pas totalement à exclure.

>>> A lire aussi: Budgets communaux à Bruxelles: entre réaménagement des recettes fiscales et investissements

La présentation de l'étude de Belfius (Flandre, Wallonie, Bruxelles)

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