Des distributeurs d'argent liquide gérés par un seul acteur : qu'est-ce que ça va changer ?

Les distributeurs d’argent liquide de plusieurs banques belges seront désormais gérés par un seul acteur extérieur en matière de placements, de logiciels et d’entretien. AXA, Crelan, Argenta, Bpost et VDK Bank vont signer un contrat commun pour la gestion de leurs distributeurs de cash ; des distributeurs dont le nombre est en nette diminution depuis quelques années en Belgique.

Doit-on en conclure qu’il y aura moins de distributeurs de billets à l’avenir ? Pas forcément… Ce contrat commun de sous-traitance pour la gestion des distributeurs vise justement à trouver un équilibre entre les frais de gestion de ces distributeurs qui augmentent pour les banques et la nécessité de maintenir la possibilité de retrait d’argent liquide. L’objectif est bien de limiter les coûts et de maintenir le service. "L’argent liquide est de moins en moins utilisé", nous dit la porte-parole de Bpost Barbara Van Speybroeck : "Ce qui veut dire que la fréquence de visite en agence diminue aussi, et donc le coût de la gestion des distributeurs automatiques augmente. De l’autre côté, comme vous le savez, les distributeurs doivent être de plus en plus sécurisés. Donc, en liant nos forces, on pourra faire les changements nécessaires et continuer à investir dans d’autres services pour nos clients".

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À ce stade, l’entreprise extérieure qui gérera ces guichets n’est pas encore connue, mais ça signifie donc bien que AXA et Crelan (qui vont fusionner : NDLR), VDK Bank, Bpost et Argenta ne disposeront plus de leur propre réseau de distributeurs. Ce service commun de sous-traitance devrait voir le jour dans six mois environ, vers la mi-2020.

Parmi les banques parties prenantes à ce service commun, ce sont toutes des banques de taille moyenne. Il n’y a aucun des plus gros acteurs actuels du secteur bancaire, comme ING, Belfius ou BNP Paribas Fortis, qui disposent, il faut bien l’admettre, de distributeurs en nombre et d’un réseau étoffé. Febelfin, la fédération sectorielle, aurait d’ailleurs manifestement plutôt penché pour une initiative commune à tous les acteurs bancaires belges.

Le cash reste un enjeu

Pour les clients friands de retraits en espèces, les distributeurs sont déjà un enjeu, particulièrement dans des zones rurales, parfois de véritables déserts en matière de distributeurs, mais aussi pour les clients de banques, petites ou moyennes, qui ont un réseau moins dense. Dès 2020, des banques comme AXA ou BNP Paribas Fortis vont augmenter les frais pour un retrait à un distributeur extérieur à la banque du client, jusqu’à 70 centimes par opération. Et cette tendance-là aussi semble bien partie pour durer.

A terme va-t-on réduire le nombre de distributeurs ?

Réduire le nombre de distributeurs n’est pas au programme, nous dit-on. En tout cas, pas dans l’immédiat, et l’évaporation des guichets automatiques est déjà suffisamment prononcée depuis 2015. Il y a un peu moins de 8000 distributeurs en Belgique, c’est plus qu’il y a 20 ans et cela reste par habitant tout à fait dans la moyenne européenne. Notons cependant que depuis quatre ans, la réduction du nombre de distributeurs est bel et bien amorcée et elle s’explique d’une part par la réduction progressive des réseaux d’agences par les banques et la diminution des retraits en espèces.

On retire moins d’argent. Vraiment ?

Effectivement, si on analyse les données, nous retirons en moyenne du liquide deux fois par mois pour et, toujours en moyenne, un montant par retrait de 145 euros. Cela peut paraître beaucoup, mais le nombre de retraits est lui aussi en net recul depuis 2012, et le montant total retiré par les Belges est lui aussi en recul.

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