Des artistes aux chauffeurs d'Uber, la SMart s'ouvre à tous les intermittents

Au prix d'une assemblée générale bien suivie, la SMart est passée du statut d'ASBL à celui de coopérative. Un changement qui n'a rien de cosmétique!
Au prix d'une assemblée générale bien suivie, la SMart est passée du statut d'ASBL à celui de coopérative. Un changement qui n'a rien de cosmétique! - © Tous droits réservés

Vous ne le savez sans doute pas, mais une des plus grandes coopératives d'Europe est née cette semaine à Bruxelles. C'est une nouvelle coopérative créée à partir d'une asbl bien rodée : la SMart. Autrefois destinée principalement aux artistes, elle a considérablement élargi sa cible.

La SMart, la société mutuelle pour artistes a été créée en 1998. Son but : épauler les artistes et autres intermittents du spectacle dans le dédale des administrations. Aujourd'hui, la SMart a comme activité première de gérer les contrats pour les multiples métiers des arts et des métiers de la création au sens extrêmement large.

Uber ou AirBnB

Ses membres, qui sont près de 70.000 depuis sa création, sont également ses salariés pour environ un tiers d'entre eux. La coopérative prend tout en main, garantissant ainsi un paiement rapide des prestations, le respect des lois sociales et la couverture des assurances.

SMart s'ouvre maintenant aux travailleurs de l'économie collaborative, ce que l'on appelle l'uberisation. Les explications de Sandrino Graceffa, administrateur délégué: "Ces plateformes ne se considèrent que comme des intermédiaires commerciaux entre un client et un fournisseur mais aucunement responsable de l’acte économique qu’il y a entre les deux. Leurs principe est de transformer un maximum de travailleurs en travailleurs indépendants avec très peu de protection sociale. Nous faisons le contraire en aidant des freelances, des entrepreneurs à travailler dans le cadre du salariat ".

Des chauffeurs d'Uber aux concierges de AirBnB, on est très loin des professions artistiques. C’est exact et c'est parfaitement assumé par les responsables de la SMart, ainsi que par les membres qui se sont réunis cette semaine pour approuver le passage en coopérative. Une coopérative de grande taille ce qui pose la question de la réelle participation des membres à la décision.

Des membres actifs ?

Comment les impliquer? La réponse de Sandrino Graceffa : "Quand on intéresse vraiment les gens à un projet qui est le leur en réalité, il est possible de les motiver en utilisant aussi les nouvelles technologies, les consultations en ligne, les forums. A partir du moment où l’on est sincère sur la démarche de participation, il y a une vraie volonté. C’est ce qu’a démontré l’assemblée générale cette semaine".

SMart était une asbl. Aujourd'hui c'est une coopérative, un changement qui n’a rien d’anodin. Présent depuis deux ans, Sandrino Graceffa a mis de l'ordre, restructuration et redressement financier. Il le dit clairement : SMart évolue dans un secteur marchand, les artistes et autres membres vendent leurs prestations, la coopérative doit être bénéficiaire pour innover et investir au profit de ses membres.

Mais les statuts sont clairs : il n'est pas question de redistribuer les bénéfices !

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK