Dégradation de la Belgique: les politiques relativisent

Elio Di Rupo a fait ses commentaires avant le début de la première des réunions bilatérales qu'il entame ce mardi avec les neuf partis impliqués dans les discussions politiques. Le formateur commence ces bilatérales, qui ont pour objet le défi budgétaire auquel le futur gouvernement devra faire face, avec le président de la N-VA, Bart De Wever. 

Selon les estimations, l'effort budgétaire à réaliser d'ici 2015 se situe entre 17 et 20 milliards d'euros. Elio Di Rupo a indiqué qu'il s'était entouré d'une vingtaine d'experts. Il a insisté sur le fait que les mesures à prendre devront répondre à la fois aux préoccupations de la gauche et de la droite, et qu'elles ne pourront porter atteinte ni au développement et ni au redressement économiques. Le formateur a encore précisé que son travail prendra quelques semaines.

Yves Leterme parle d'un avertissement mais refuse "le football panique"

L'abaissement de la perspective de la note de la Belgique par l'agence de notation Fitch est "un avertissement", pas une baisse de notation, il n'y a pas de raison de céder à la panique, a affirmé mardi matin le Premier ministre Yves Leterme, au cours de l'émission "De Ochtend" sur Radio 1 (VRT). "Il ne s'agit pas d'une notation à la baisse, c'est un avertissement pour dire que nous risquons de perdre notre notation", s'il n'y a pas d'avancée après un certain temps, a commenté Yves Leterme. 

"Ne jouons pas au football panique. Nous disons depuis un an qu'il faut un gouvernement de plein exercice. Fitch confirme que c'est absolument nécessaire", a-t-il ajouté. Pour Yves Leterme, il y a une grande confiance dans la capacité de remboursement du pays. Le budget est sur le bonne voie. Pour 2011, il est possible que l'on fasse mieux que prévu. 

"Pour 2012-2013, j'ai toute confiance", a encore dit Yves Leterme précisant que la Belgique était en avance sur le programme de stabilité européen. 

Didier Reynders se veut rassurant

Le ministre des Finances, Didier Reynders, a relativisé ce mardi l'avertissement de l'agence de notation Fitch : il évoque la réduction plus forte que prévu du déficit du Royaume et la confiance qui semble se maintenir sur les marchés. "Nous sommes en train de faire mieux que les objectifs européens" en termes de réduction du déficit, a affirmé Didier Reynders à la RTBF. (Ecoutez ci-contre)

Le déficit public belge a été réduit plus que prévu l'an dernier, à 4,1% du PIB, et devrait encore baisser à 3,6% cette année et 2,8% en 2012, pour renouer avec l'équilibre en 2015, selon les dernières prévisions du gouvernement.

"Nous travaillons toujours avec une capacité d'action sur les marchés", a aussi rappelé Didier Reynders, soulignant que la Belgique a encore réussi à émettre lundi près de 3,4 milliards d'euros d'obligations "à de très bonnes conditions".

"La situation de la Belgique serait évidemment meilleure (...) si un gouvernement était installé", a reconnu le ministre, qui néanmoins "ne croit pas" que l'actuel gouvernement en affaires courantes soit impuissant. "A défaut (d'un gouvernement de plein exercice), rien n'interdit au gouvernement en affaires courantes d'entamer le débat avec le Parlement sur des réformes structurelles", a-t-il jugé, évoquant notamment le système de pensions. Le gouvernement "pourrait d'ailleurs sortir des affaires courantes", a-t-il ajouté.

Open Vld : il faut un gouvernement

Le ministre du Budget Guy Vanhengel (Open vld) insiste sur le fait que ce n'est pas la note, mais sa perspective qui a été revue à la baisse. 

En outre, Fitch donne au gouvernement une tape amicale sur l'épaule. Le gouvernement surveille bien les caisses de l'Etat, selon Guy Vanhengel.

Mais cette réaction de Fitch montre selon le ministre sortant qu'il est temps de faire attention. "Nous avons besoin d'un gouvernement de plein exercice", conclut-il.

N-VA : des réformes sont nécessaires

La N-VA déplore que la perspective de la Belgique soit ainsi revue à la baisse, mais espère que cela poussera tous les négociateurs à enfin avoir plus de courage pour mener les réformes nécessaires. "Ceux qui veulent coûte que coûte s'accrocher au statu quoi doivent savoir que c'est le plus court chemin vers un abaissement de la notation" dit le chef de fraction N-VA à la Chambre Jan Jambon.

RTBF avec agences

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