Déboires de l'A400M: les 7 pays clients rencontrent Airbus le 30 mars

Un Airbus A400M
Un Airbus A400M - © RALF HIRSCHBERGER - AFP

L'Espagne accueillera le 30 mars une réunion des sept pays clients de l'avion de transport militaire Airbus A400M, un programme victime de retards, de problèmes techniques et de surcoût au point de menacer la viabilité du groupe européen, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Le secrétaire d’État espagnol à la Défense, Agustin Conde, a également convié le patron du groupe Airbus, Tom Enders, à cette réunion qu'il a lui-même souhaitée, selon la presse spécialisée.

Airbus a en effet demandé la semaine dernière une réunion ministérielle pour évoquer les derniers déboires de l'A400M, affirmant que sa propre viabilité était en jeu en raison des pertes accumulées par ce programme, le plus important en cours dans le secteur européen de la défense.

La Belgique sera représentée

Le groupe d'aérospatiale et de défense cherche de l'aide pour limiter les pertes du programme de l'avion de transport militaire européen commandé 174 exemplaires par l'Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg, l'Espagne - qui assure accueille l'assemblage final de l'appareil - la Turquie et le Royaume-Uni ainsi qu'un client "à l'exportation", la Malaisie.

Airbus a annoncé mercredi une nouvelle charge de 1,2 milliard d'euros sur ce dossier au quatrième trimestre et a demandé aux sept pays de l'Otan clients de l'A400M de limiter son exposition aux lourdes pénalités et reports de paiements auxquels il doit faire face en raison de difficultés techniques et de retards.

Dans la lettre adressée aux gouvernements clients, le constructeur évoque des "risques significatifs à venir" sur le projet dont le coût, initialement évalué à 20 milliards d'euros, dépasse aujourd'hui les 30 milliards, selon des sources proches du dossier.

"Nous sommes engagés dans le programme A400M. Cependant il est de notre responsabilité d'assurer la viabilité d'Airbus", indique la lettre signée par le président et le président exécutif d'Airbus, Denis Ranque et Tom Enders, envoyée à Paris, Bruxelles, Berlin, Luxembourg, Madrid, Ankara et Londres.

Pertes "colossales"

Évoquant des pertes "colossales", Airbus a demandé la réunion des ministres de ces pays pour prendre la mesure de la situation et convenir des prochaines étapes dans l'intérêt de la poursuite du programme, des gouvernements clients et du secteur européen de la défense.

Selon Agustin Conde, l'invitation à la direction d'Airbus a été approuvée par les sept pays et se tiendra au niveau des secrétaires d'Etat à la Défense.

En Belgique - où cette fonction n'existe pas au sein du gouvernement -, on évoque de source informée une réunion "au niveau des directeurs nationaux de l'armement" (DNA).

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