De jeunes entreprises innovantes présentent leur projet

Des euros en billets
Des euros en billets - © ZOLTAN MATHE (archives EPA)

Acheter un bon d'Etat, c'est combiner un placement à un soutien aux finances publiques du pays. Investir dans une jeune entreprise innovante, c'est un moyen de renforcer l'économie. C'est ce que fait Be Angels, le réseau d'investisseurs privés actif en Wallonie et à Bruxelles.

Jeudi soir, quatre entrepreneurs défendaient leur projet face à une quarantaine de candidats investisseurs.

Chaque candidat a une demi-heure pour expliquer son projet, présenter ses perspectives de résultats et justifier sa demande de capitaux. Il répond ensuite à quelques questions et au suivant.  Un exercice que le réseau Be Angels répète très régulièrement. Vous n'entendrez pas ces présentations, un document de confidentialité est signé à l'entrée.

Le premier entrepreneur est actif dans le champagne

Jean-Olivier Collinet et son associé ont décidé de pousser très loin le concept du luxe.

Ils ont acheté le droit d'exploitation d'un hectare et demi de vigne et proposent depuis le printemps une bouteille haut de gamme. Elle se vend déjà très bien dans des endroits branchés, style côte d'Azur ou Saint Barth. "En fait, la particularité, c’est qu’on a des bouteilles qui sont totalement habillées, avec une matière comme du cuir qui fusionne à froid sur du verre, ce qui fait que la bouteille est totalement habillée de cuir et offre un super toucher assez sensuel et assez soyeux, et qui permet aussi d’avoir une bouteille qui sort totalement de l’ordinaire, avec des jeunes créateurs belges qui s’expriment dessus à chaque fois.

Michel Visart: - Quels arguments allez-vous utilisez pour les Business Angels ?

-C’est un peu le paradoxe de la croissance : c’est qu’aujourd’hui, on a des beaux contrats qui se signent parce que le produit plaît. Mais le problème, c’est que, qui dit croissance dit aussi appel de fonds, investissements en marketing, création d’une marque dans un pays qu’on ne connaît pas bien. Et cela demande des capitaux pour grandir et bien grandir."

Changement radical de secteur avec la société Iteos

C'est une spin-off de l'Université Catholique de Louvain et de l'institut Ludwig de recherche sur le cancer.

Ses promoteurs travaillent sur des molécules qui pourraient révolutionner le traitement de la maladie. C'est prometteur, mais le premier traitement ne sera opérationnel que dans quatre ans au plus tôt. Comment convaincre les investisseurs? Michel Detheux, administrateur délégué d'iTeos: "L’argument est la possibilité de participer au développement de molécules qui vont révolutionner le traitement contre le cancer. C’est vrai qu’il y a un risque important mais ce risque est contrebalancé non seulement par l’intérêt thérapeutique et par la possibilité aussi d’avoir des retours financiers très importants si le projet est un succès. (Le pourcentage de réussite) c’est très difficile mais je dirais qu’une fourchette entre 10 et 25 % est quelque chose qui est standard dans ce type de projet au stade où nous sommes.

- Le jour où ça marche, c’est bingo ?

- Ce sera bingo pour les partenaires mais aussi pour la Région qui a soutenu énormément le projet dès le départ. "

La prise de risque, c'est la mission du Business Angel

Erwin Maes est un des fondateurs de GVN qui met en place un réseau planétaire de vidéo-conférences que l'utilisateur pourra réserver d'un simple clic: "Si on commence une entreprise, il y a pas mal de risques. Les banques veulent voir du cash flow, là où les investisseurs savent ce que c’est que de prendre des risques comme entrepreneurs. Les gens qui investissent dedans savent qu’il y aura plus de retours, plus d’intérêts sur leur investissement avec plus de risques."

Le dernier projet est déjà très avancé

Implantée dans le nord de la France, la société A-Volute a développé un logiciel révolutionnaire pour améliorer la qualité sonore, par exemple sur les tablettes numériques. Un gros contrat lui garantit d'être bénéficiaire dès 2013.

Une dernière rallonge de capitaux sera quand même utile. Tuyen Pham, administrateur délégué: "On a besoin de capitaux, notamment pour pouvoir se développer à l’international. On fait déjà 95 % du chiffre d’affaires à l’international mais là, il faut vraiment donner un coup d’accélérateur sur la zone Asie où sont fabriqués tous les appareils électroniques grand public. On a besoin de donner un coup d’accélérateur pour avoir une présence sur place et dupliquer nos succès commerciaux.

-Vous pouvez donc vous permettre d’être déjà un peu difficiles dans le choix de vos investisseurs ?

-Effectivement, oui. On a déjà, effectivement, des investisseurs qui sont venus pour défiscaliser. Là, on veut de plus en plus trouver des gens qui peuvent apporter vraiment leur petite touche et apporter quelque chose au projet, en plus de leur argent."

Michel Visart

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK