D'un côté les dépenses de l'ONEM baissent, de l'autre, celles des CPAS explosent

D'un côté les dépenses de l'ONEM baissent, de l'autre, celles des CPAS explosent
D'un côté les dépenses de l'ONEM baissent, de l'autre, celles des CPAS explosent - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

La forte diminution des dépenses de l'Office national de l'emploi (ONEM) ces dernières années ne peut pas dissimuler l'augmentation des charges des CPAS, notamment pour le revenu d'intégration sociale, écrivent lundi deux directeurs généraux de centres publics d'action sociale hennuyers. L'ONEM respire mais les CPAS s'essoufflent, soulignent-ils.

Le budget des dépenses de l'ONEM a diminué de 30,8% de 2013 à 2019, mais celles du revenu d'intégration des CPAS ont augmenté de 57,9% pour la même période, précisent Ricardo Cherenti et Bernard Antoine. "Même si l'on peut se réjouir de l'entrée à l'emploi de certains allocataires, force est de constater qu'une partie des chômeurs qui sortent des allocations de chômage arrivent dans les CPAS", ajoutent-ils.

Transfert de la solidarité fédérale vers la solidarité locale

Les aides sociales accordées par les CPAS progressent également fortement, entraînant le transfert de la protection sociale de la solidarité fédérale vers la solidarité locale, analysent-ils. Le nombre de bénéficiaires du revenu d'intégration âgés de moins de 25 ans a d'ailleurs progressé de 31,18% de 2013 à 2017, dont une augmentation de 64,56% des étudiants qui émargent au CPAS, soulignent-ils.

Les directeurs généraux constatent "une lente mais continue érosion" du système de sécurité sociale. Ils s'inquiètent notamment pour les ex-allocataires de l'ONEM qui ne bénéficient plus d'aucune protection sociale.

"La société se précarise, perd de son sens, n'a plus d'objectifs, se sent déboussolée et instable", poursuivent les directeurs généraux de CPAS. "Elle ne sait plus à quoi se raccrocher et finit par s'habiller de gilets jaunes pour tenter de faire entendre sa désillusion."

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