Croissance: le FMI relève sa prévision mondiale pour la première fois en 2 ans

Maurice Obstfeld, chef économiste du FMI
Maurice Obstfeld, chef économiste du FMI - © MOLLY RILEY - AFP

Le FMI s'est montré mardi plus optimiste pour la croissance mondiale pour la première fois en deux ans tout en s'inquiétant d'une possible "guerre commerciale" alimentée par les poussées protectionnistes en Europe ou aux Etats-Unis.

Après avoir progressé de 3,1% en 2016, le produit intérieur mondial devrait accélérer à 3,5% cette année, marquant une légère amélioration de 0,1 point par rapport aux précédentes prévisions de janvier, indique le Fonds monétaire international (FMI) dans son nouveau rapport semestriel sur la conjoncture publié en amont de ses réunions de printemps à Washington.

"L'activité économique mondiale est en train d'accélérer grâce à une reprise attendue de longue date de l'investissement, de la production manufacturière et du commerce", écrit l'institution.

Pour 2017, les prévisions sont ainsi relevées pour la zone euro (1,7%), le Japon (1,2%) et la Chine (6,6%) et maintenues à un rythme élevé pour les Etats-Unis (2,3%).

Reprenant un message martelé depuis plusieurs mois, le FMI assure toutefois que cette embellie est menacée par la tentation croissante "de repli sur soi" économique, qui s'est manifestée avec la victoire du Brexit au Royaume-Uni et celle de Donald Trump aux Etats-Unis.

"Une importante menace vient d'un virage vers le protectionnisme conduisant à une guerre commerciale", prévient dans le rapport le chef économiste du FMI, Maurice Obstfeld.

Selon le Fonds, l'aggravation des inégalités depuis la crise financière de 2008 a popularisé un sentiment anti-mondialisation qui pourrait "saper les relations commerciales internationales et, plus généralement, la coopération multilatérale".

Face aux incertitudes, renforcées cette année par des scrutins indécis en France et en Allemagne, le FMI se garde de tout excès d'enthousiasme et maintient ainsi à l'identique ses prévisions de croissance mondiale en 2018, à 3,6%.

"Incertitude politique"

Dans le détail, et comme prévu en janvier, le produit intérieur brut américain devrait donc ainsi progresser de 2,3% cette année et de 2,5% en 2018, marquant une nette accélération par rapport à la performance en demi-teinte de l'année dernière (1,6%). Moins de 100 jours après l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, le FMI continue donc de croire à une accélération de la croissance à court terme sur fond de promesse de dérégulation et de baisses d'impôts sur les sociétés.

En ce qui concerne la zone euro, si l'institution a revu à la hausse, à 1,7%, sa prévision de croissance en 2017, elle juge son potentiel freiné par "l'incertitude politique" liée aux élections en France et en Allemagne, ainsi qu'au Brexit. Le chiffre est en hausse de 0,1 point par rapport à la précédente prévision, publiée en janvier. La perspective pour 2018 reste quant à elle inchangée, à 1,6%.

La reprise dans la zone euro, qualifiée de "modeste", devrait selon le FMI être favorisée en 2017 et 2018 par quatre facteurs: "une politique budgétaire légèrement expansionniste, des conditions financières accommodantes, un euro plus faible et les retombées bénéfiques d'une relance budgétaire probable aux États-Unis".

Le Fonds a par ailleurs légèrement revu à la hausse ses prévisions de croissance pour la Chine, tout en mettant en garde la deuxième économie mondiale quant aux "risques considérables" qui pèsent sur son secteur financier. Il prévoit désormais une croissance de 6,6% pour le géant asiatique cette année, alors que l'institution tablait encore sur 6,5% dans ses dernières prévisions annoncées en janvier. Pour l'an prochain, le FMI relève également sa prévision à 6,2%, contre 6% annoncés en début d'année.

Pour le Japon, le Fonds monétaire international anticipe une accélération de la croissance sur fond d'embellie du commerce extérieur, mais la faiblesse de l'inflation continue d'inquiéter. Le PIB est désormais attendu en hausse de 1,2% (au lieu de l'estimation de 0,8% livrée en janvier), après +1% en 2016.

Enfin, l'Amérique latine et l'Afrique sub-saharienne continuent de voir leurs perspectives assombries cette année, du fait notamment de la perte de revenus provoquée par la chute des cours des matières premières. Le FMI prévoit ainsi une croissance de 2,6% en Afrique subsaharienne en 2017, grâce notamment à la légère reprise espérée dans les pays moteurs du continent comme l'Afrique du Sud, le Nigeria et l'Angola.

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