Croissance : la Wallonie au ralenti, mais pas complètement à l’arrêt

C’est la grisaille dans l’économie mondiale, et la Wallonie ne fait pas exception. La région est une petite économie ouverte et ressent donc immédiatement le ralentissement de la conjoncture internationale, au travers de la question des exportations, ralentissement qui affecte surtout l’industrie et les principaux clients de nos entreprises.

C’est particulièrement le cas avec notre voisin allemand. "Pour la Wallonie, singulièrement, un des gros éléments que l’on peut mettre en avant, c’est les difficultés que connaissent aujourd’hui l’Allemagne et son industrie, explique Jean-Christophe Dehalu, économiste à l’Union wallonne des entreprises. Étant donné que les entreprises wallonnes sont spécialisées dans des produits intermédiaires qui rentrent dans des chaînes de valeurs mondiales et quand le client final a des perspectives qui sont moins bonnes, les entreprises wallonnes sont impactées indirectement."

On pense par exemple au recul des commandes à l’industrie automobile en Allemagne. Il faut dire que les incertitudes sont nombreuses avec un Brexit toujours pas réglé et un conflit commercial et stratégique entre les États-Unis et la Chine toujours pas réglé non plus — et il faudra du temps.

Une croissance de 1,1% l’année prochaine

Et cette incertitude a un impact sur les entreprises wallonnes, notamment celles qui ont été sondées par l’Union wallonne des entreprises. "Ce que notre enquête montre, c’est qu’effectivement les entrepreneurs sont moins confiants aujourd’hui qu’il y a six mois, note Jean-Christophe Dehalu. Ça, c’est très clair dans notre enquête et on voit que dans à peu près tous nos indicateurs, la tendance est à la baisse. Les entreprises envisagent de recruter un peu moins vite qu’avant et elles envisagent d’exporter un peu moins vite qu’avant."

Pas folichon donc, mais pas non plus de quoi prévoir une récession qui serait imminente en Wallonie, ce n’est pas le cas, pas de récession imminente en Wallonie. Au contraire, la croissance de l’économie wallonne devrait être de 1,3% cette année et de 1,1% l’année prochaine. L’industrie wallonne continue à tourner, nos entreprises continuent à exporter, certes à un rythme un peu moins soutenu qu’espéré, mais l’économie n’est donc pas à l’arrêt.

Le chômage passe sous les 7%

Le gros soutien à notre croissance économique est notre consommation. "Ce que les chiffres nous disent, c’est que globalement le pouvoir d’achat est soutenu, affirme Jean-Christophe Dehalu. Les salaires augmentent un peu en Belgique du fait des politiques qu’on a mises en place au niveau fédéral avec le tax shift, mais également ce pouvoir d’achat est soutenu au travers de la création d’emplois qui continue à être sensible en Belgique et en Wallonie. D’ailleurs, le taux de chômage en Wallonie est passé sous les 7% au dernier trimestre, donc on crée de l’emploi en Wallonie."

Une stabilité de l’emploi et une augmentation des revenus qui font en sorte que la croissance wallonne (et belge) reste "relativement soutenue par cette consommation privée", précise l’économiste. Relativement, parce qu’en même temps, il faut bien le voir, les Belges et les Wallons qui peuvent mettre des sous de côté, le font. Le taux d’épargne des ménages remonte assez sensiblement. Les ménages sont prudents face aux nombreuses incertitudes qui menacent l’activité économique, et donc l’emploi.

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