Croissance économique en Europe et Amérique: le FMI n'est pas optimiste

Des micros devant le siège du FMI à Washington le 16 mai 2011
Des micros devant le siège du FMI à Washington le 16 mai 2011 - © Saul Loeb - AFP

Le Fonds monétaire international prédit le maintien d'une croissance lente dans le monde à court terme, particulièrement en Occident où dans le meilleur des cas elle devrait rester très insuffisante pour faire baisser chômage et dette. Le FMI prévoit une croissance de l'économie belge de 2,4% cette année et de 1,5% en 2012.

Dans ses "Perspectives de l'économie mondiale" semestrielles, l'institution table sur 4,0% en 2011 et en 2012, contre 4,3% et 4,5% respectivement dans ses dernières prévisions, en juin. 

"L'activité s'est considérablement affaiblie", ont écrit les économistes du FMI, rappelant qu'elle avait été "étonnamment faible durant le deuxième trimestre".

Aucune amélioration en vue

Le suivi des indicateurs économiques mensuels du FMI "pointe vers une croissance faible à court terme".

Le FMI est particulièrement inquiet pour l'Occident. Par rapport à juin, les prévisions ont été fortement abaissées pour les Etats-Unis (désormais 1,5% en 2011 contre 2,5% en juin, seulement devant le Japon et l'Italie au sein du G7). Elles l'ont aussi été pour l'Europe (1,6% pour la zone euro, dont 1,7% pour la France) et le Canada (2,1%).

"Dans les économies développées frappées par la crise, en particulier aux Etats-Unis, le passage de relais de la demande publique à la demande privée prend plus de temps qu'anticipé. De plus, les problèmes de dette publique et du secteur bancaire dans la zone euro se sont révélés beaucoup plus tenaces que prévu", a affirmé le Fonds.

La croissance mondiale serait principalement tirée par l'Asie en développement (8,2%), oasis de prospérité, et par d'autres économies émergentes.

Encore ces projections supposent-elles "que les responsables politiques tiennent leurs engagements et que les perturbations financières ne s'emballent pas hors de leur contrôle, permettant à la confiance de revenir avec la stabilisation de la conjoncture", a précisé le FMI. C'est, d'après ses économistes, le cas le plus probable.

Mais si les promesses étaient oubliées et les marchés encore plus secoués, "les grandes économies développées pourraient retomber dans la récession", ont-ils prévenu. "Actuellement, selon la méthodologie habituelle du FMI, la probabilité d'une croissance inférieure à 2% (dans le monde) est substantiellement plus élevée" que ces douze derniers mois. Elle se situe à "plus de 10%".

Même dans le meilleur des cas, "la consommation dans les économies avancées a des chances de rester anémique" et l'emploi "de rester élevé pendant un certain temps", a relevé le FMI.

Au fil des mois, "le rééquilibrage des budgets pèsera de plus en plus", a-t-il poursuivi, et "la volatilité financière pourrait freiner l'activité".

Le scénario du pire

Le Fonds monétaire international a également détaillé un scénario du pire où les économies occidentales tomberaient en récession et où la crise de la dette publique se généraliserait dans le monde. Pour le moment peu probable selon les projections de l'institution, cette hypothèse est sérieusement examinée.

Elle implique "des turbulences financières majeures dans la zone euro, s'ajoutant à un retrait des attentes quant aux perspectives de croissance aux Etats-Unis à moyen terme et des tensions financières liées à l'immobilier en Asie émergente". Et elle ferait perdre, par rapport à l'hypothèse centrale du FMI, plus de 3% au produit intérieur brut des Etats-Unis et de la zone euro la première année.

Ce scénario "illustre comment les grandes économies avancées pourraient retomber en récession et quels dégâts cela pourrait infliger aux économies émergentes et en développement", a expliqué l'institution. "Les Etats vulnérables sont exposés à une perte soudaine de confiance des investisseurs en la viabilité de leur dette si les fondamentaux se détériorent fortement", a relevé le Fonds.

"Les investisseurs pourraient fuir la dette publique d'Etats-clés", a-t-il prévenu, citant les grands pays bénéficiant des taux d'intérêt les plus faibles : Etats-Unis, Japon, France et Allemagne. "L'aversion mondiale au risque augmenterait brutalement, et les taux de financement pour les banques et entreprises non financières monteraient à divers degrés. Les économies émergentes souffriraient de la chute des cours des matières premières et d'une inversion des flux de capitaux", a poursuivi le FMI.

"Compte tenu de la possibilité limitée pour la politique monétaire et budgétaire de réagir vigoureusement, il s'ensuivrait un grave ralentissement mondial, qui anihileraient une bonne part des progrès depuis la fin de la Grande récession" de 2008-2009, s'est-il inquiété.

Croissance de 1,5% pour la Belgique en 2012

Les prévisions du FMI pour la Belgique sont supérieures aux prévisions pour la zone euro pour laquelle l'institution basée à Washington prévoit une croissance de 1,6% cette année et de 1,1% en 2012. Pour l'Allemagne, le FMI escompte une croissance du PIB de 2,7% en 2011 et de 1,3% en 2012.

Le FMI est moins optimiste que la Banque nationale de Belgique dont les prévisions, qui remontent à juin dernier il est vrai, font état d'une croissance du PIB belge de 2,2% en 2012.

Les prévisions du FMI évoquent également une hausse des prix à la consommation (inflation) en Belgique de 3,2% en 2011 et de 2% l'année prochaine.

S'agissant du déficit budgétaire, le FMI table pour notre pays, à politiques inchangées, sur un déficit de 3,5% du PIB en 2011, 3,4% en 2012 et 3,3% en 2013. Quant à la dette publique belge, elle devrait atteindre 94,6% du PIB en 2011, 94,3% en 2012 et 93,9% en 2013, selon le Fonds monétaire international.


AFP

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