Crise financière du coronavirus : les banques doivent pleinement jouer leur rôle de prêteur

Crise financière du coronavirus : les banques doivent pleinement jouer leur rôle de prêteur
Crise financière du coronavirus : les banques doivent pleinement jouer leur rôle de prêteur - © Jonas Hamers - ImageGlobe

La crise sanitaire déclenchée par la pandémie de coronavirus a automatiquement déclenché une crise économique, au vu des mesures inédites de confinement appliquées un peu partout sur la planète.

Par rapport à la dernière grosse crise financière, celle de 2008, les banques tiennent un rôle fondamentalement différent. Il y a 10 ans, le secteur financier était regardé pour bonne partie comme le problème. Les actes de certaines banques avaient déclenché un krach financier. Aujourd’hui, plutôt que de se faire taper sur les doigts, les banques sont appelées à aider par exemple les nombreuses entreprises qui ne pourront pas rembourser leurs crédits suite à la mise à l’arrêt de l’économie.

Taux d’intérêt négatifs

Les banques européennes bénéficient depuis plusieurs semaines de règles plus souples pour justement leur permettre de financer des prêts aux ménages ou aux entreprises. Dans les faits, les banques sont désormais payées par la Banque centrale européenne pour jouer leur rôle de prêteur puisque les taux d’intérêt sont négatifs pour elles. Ces aides publiques attendent en retour une certaine forme de responsabilité.

A ce stade et en termes d’engagements, les banques belges jouent le jeu. Outre les reports sans frais de paiement pour les emprunteurs en difficulté qui ont déjà été largement commentés, pour les nouveaux besoins en financement, pour tous les nouveaux crédits et lignes de crédits à court terme, les banques épongeront les pertes jusqu’à 3%. Au-delà, les pertes seront supportées pour moitié par l’État et par le secteur bancaire toujours. Donc il y a là un véritable engagement.

Renouer avec leur mission de conseil au client

Éric de Keuleneer, professeur à l’Université Libre de Bruxelles, espère que cette situation exceptionnelle permettra aux banques de se repositionner vers une attitude plus respectueuse au client. "Ce qu’on peut espérer, c’est que de façon générale les banques aient encore plus à l’avenir une attitude respectueuse de leurs clients et respectueuse de l’intérêt de l’économie, en continuant d’adopter des rémunérations raisonnables pour tous, même les dirigeants, et en particulier pour le personnel à vocation commerciale. Lorsqu’il y a des incitations, que ces incitations soient basées sur le service rendu aux clients et pas les profits immédiats générés pour la banque. Certainement avant 2008, il y avait en Belgique de très mauvaises habitudes en matière de rémunération incitative pour une large frange du personnel commercial, qui, dans beaucoup de banques, avait des objectifs de volume et des objectifs de vente de ce qu’on appelait des produits financiers, et ces objectifs avaient pour conséquence que très souvent le personnel commercial était incité à vendre des produits, à faire du profit pour la banque plutôt qu’à conseiller au mieux ses clients. Dans de nombreuses banques, on a corrigé cela et les primes et autres bonus à la soi-disant performance ont été réduits, voire supprimés, mais pas dans toutes les banques."

Archives : Journal télévisé du 26/03/2020

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