Crise du coronavirus : "La mondialisation, cela ne fonctionne pas. Il faut relocaliser"

L'achat de masques et de matériel médical de protection est devenu très compliqué ces derniers temps, puisque la demande est devenue beaucoup plus importante que l'offre. "Fondamentalement, la question clé c'est de travailler sur l'offre", estime Yvan Verougstraete, patron de Medi-Market, interrogé par la RTBF. "Chaque pays est en train de se recroqueviller sur lui-même et joue cavalier seul. La France, l'Espagne, l'Allemagne: tous ces pays ferment leurs frontières à ces produits essentiels. Il n'y a pas beaucoup d'Europe aujourd'hui. La conséquence est que nous devons essayer de prendre notre destin en main et agir, mobiliser les forces économiques par rapport à cela".

Le fameux principe selon lequel l'économie s'auto-régule n'a pas fonctionné

"Plein de joueurs ont vu l'opportunité de se faire de l'argent là-dessus. L'Etat belge n'a pas forcément toutes les armes ni la flexibilité d'un trader pour faire des achats de masques : il faut se mobiliser dans le quart d'heure, avoir du cash, pouvoir prendre des risques pour, peut-être, des masques qui ne sont pas 100% conformes. Ce n'est pas le rôle du politique. Il y a des initiatives privées de gens qui se sont dit qu'ils allaient jouer ce rôle, sans but lucratif, simplement pour mettre de la rapidité et se mettre au service de l'Etat. Il faut insister sur ces initiatives positives dans un monde où, par ailleurs, plein de margoulins sont en train de se faire de l'argent", poursuit-il.


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"En Belgique il n'y a pas de capacité de production, nous dépendons de l'étranger. A un moment donné dans l'économie, tout a été axé sur la mondialisation et pour la finance. Et on se rend compte que cela ne fonctionne pas et qu'il faut relocaliser, recréer du tissu économique, recréer des stocks intermédiaires. Le fameux principe selon lequel l'économie s'auto-régule n'a pas fonctionné. Il faut que les autorités publiques puissent réguler, encourager et donner de la sécurité. On ne peut pas déléguer la production à un pays asiatique et se dire que nous ne contenterons de consommer", selon lui.

On saura dans les prochains jours si les banques auront rendu ce qu'elles ont reçu il y a 10 ans

Il est important de préparer l'après-confinement, estime Yvan Verougstraete: "Les banques sont prêtes a sauver l'économie. Cela veut dire sauver le job des gens, les commerces ce sont des centaines de milliers de jobs. Les banques doivent mettre de la trésorerie: un commerce finance ses stocks par des dettes fournisseurs. Aujourd'hui il n'a plus de rentrée d'argent pour payer ses fournisseurs. Si l'Etat ne met pas à très court terme des milliards d'euros dans l'économie pour remettre de l'huile dans les rouages, on va vers un chômage massif de centaines de milliers de personnes en Belgique. Et on va vers un bain de sang social dont il sera très difficile de se relever. On saura dans les prochains jours si les banques auront rendu ce qu'elles ont reçu il y a 10 ans".