Crise du coronavirus : l’économie belge reprend plus fort qu’attendu

L’économie belge reprend, et plus fort qu’attendu. Plusieurs institutions — le Bureau du Plan, la Banque Nationale — ont fait les comptes et la croissance économique de cette année devrait presque rattraper la dégringolade de l’année dernière. Les prévisions sont assez exceptionnelles.

Le produit intérieur brut de la Belgique devrait augmenter de 5,5% cette année. Cela veut dire que la richesse créée en Belgique cette année devrait être 5,5% plus importante que l’année dernière, et c’est effectivement assez énorme. Pour vous donner un repère, en temps normal, ces dernières années, on est plutôt autour de 1,5% ou 2% de taux de croissance en Belgique.

Évidemment, il faut remettre ce chiffre dans son contexte. On n’est pas en temps normal. Ces 5,5%, c’est un effet rattrapage de l’année dernière, c’est simplement un retour à la situation d’avant crise parce que l’année passée, notre produit intérieur brut avait au contraire diminué de 6%.

On vient tout simplement de la plus grosse récession en temps de paix du pays, donc c’est normal que cette année ça remonte rapidement.

Comment l’expliquer ?

D’abord parce que les consommateurs recommencent à consommer, et comme beaucoup ont pu mettre de l’argent de côté ces derniers mois en ne partant pas en vacances, en ne sortant pas, en n’allant pas au restaurant, cet argent recommence à être dépensé.

A niveau national, pour Philippe Donnay, le responsable du Bureau du Plan, qui fait ces prévisions, beaucoup de gens n’ont pas été ou peu touchés économiquement par cette crise et n’ont pas perdu de revenus. Au contraire.

"Il y a eu de nombreuses mesures qui ont été prises par les autorités fédérales et régionales de soutien au revenu, que ce soit des entreprises ou des consommateurs, des ménages. Et au niveau des ménages, le revenu disponible, et ça peut paraître assez contre-intuitif au départ, vu l’ampleur des mesures prises, le revenu disponible n’a pas baissé, il a même augmenté en 2020".

Cela veut dire que les droits passerelles, les primes Covid et le chômage temporaire ont joué leur rôle, c’est-à-dire maintenir à flot les ménages et les entreprises pour que l’activité reprenne après la crise.

Et comme les affaires apprennent, que la vaccination progresse et qu’il y a un plan de relance qui est sur la table, les entreprises entrevoient le bout du tunnel et elles aussi recommencent à investir. Tout ça mis ensemble suscite cette forte croissance qui est attendue pour cette année.

Déficit

Mais, autant la croissance attendue cette année est historique, autant la récession de l’année dernière l’a été encore plus.

"Ça n’est pas suffisant pour rattraper en un an ce qui a été perdu en 2020. Si on fait -6 + 5, il reste toujours un reliquat que l’on n’a pas rattrapé. On rattrapera ce qui a été perdu au début 2022. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de perte permanente de l’économie ici, parce qu’en 2020-2021, normalement, l’économie aurait dû croître sans le Covid, mais l’ampleur de cette perte permanente n’est pas encore chiffrable pour l’instant", précise Philippe Donnay.

Cela dépendra du nombre de faillites et de pertes d’emplois dans les prochains mois, quand les mesures de soutien auront complètement disparu.

Cette croissance de l’économie, même si elle est exceptionnelle, ce ne sera pas la panacée, d’autant qu’il faudra aussi réduire le déficit, ce trou creusé dans les finances publiques pour faire face à cette crise, pour financer la relance.

Laurence Boone, cheffe économiste de l'OCDE (9 mars 2021)

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