Crise de la dette: l'Espagne devra être aidée. Oui mais comment ?

Manifestation contre les abus bancaires en Espagne devant la banque Bankia, samedi 2 juin
Manifestation contre les abus bancaires en Espagne devant la banque Bankia, samedi 2 juin - © AFP PHOTO / DANI POZO

La santé de l'Espagne est devenue une préoccupation majeure dans la zone euro, l'Allemagne redoute que le pays ne s'en sorte pas tout seul et le pousse discrètement à faire appel au fonds de sauvetage européen. Oui mais voilà, l'Espagne à son amour propre...

C'est la presse allemande qui le révèle: quand Angela Merkel a rencontré le Premier ministre espagnol la semaine dernière, elle l'a incité à recourir au fonds de soutien de la zone euro pour sauver ses banques.

Il faut dire que la facture risque d'être lourde. Bankia elle seule a demandé une aide de 19 milliards d'euros. Pour l'ensemble des banques, il y en aurait pour plus de 50 milliards; certains parlent même de 90 milliards. On nage encore dans l'inconnu. Ce qui est sûr c'est que Madrid est coincée:  l'économie du pays est en récession, avec 24% de chômage , et il lui faudra un délai supplémentaire pour ramener le déficit aux 3% du PIB. Même l'Allemagne a donné son feu vert à ce sujet.

Mais cela ne suffira pas et les marchés l'ont bien compris. Pour preuve, les taux d'emprunt espagnols à dix ans ont atteint des niveaux historiques la semaine dernière, à près de 7% contre 1,1% pour l'Allemagne. Les voyants sont au rouge puisque c'est à 8% que la Grèce a dû faire appel au fonds de sauvetage.

Un mécanisme de recapitalisation des banques ?

On voit mal comment l'Espagne échappera à une aide extérieure. Et c'est tout de même la 4ème économie de la zone euro, il faut faire d'autant plus attention à sa situation.

Mais les Espagnols ont leur amour propre. Ils refusent de parler de sauvetage.

Ce week-end encore le premier ministre Mariano Rajoy a réaffirmé qu'il sortirait de la crise grâce à ses propres efforts, mais aussi avec l'aide de ses partenaires européens, a-t-il ajouté. Il reconnaît implicitement qu'il lui faudra un coup de main, et pour lui prêter main forte, le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici a dit hier qu'il fallait respecter la souveraineté espagnole. Il invite à créer un mécanisme direct de recapitalisation des banques européennes en difficulté.

On sait que la commission s'est prononcée mercredi pour une Union bancaire avec coordination de la garantie des dépôts, mais il faut faire vite. Car c'est l'avenir de l'Espagne qui en dépend.

T.N. avec Françoise Gilain

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