Crise dans la zone euro: la BCE doit intervenir, pour Paul De Grauwe

Crise dans la zone euro: la BCE doit intervenir, pour Paul De Grauwe
Crise dans la zone euro: la BCE doit intervenir, pour Paul De Grauwe - © Tous droits réservés

Paul De Grauwe, professeur à la London School of Economics préconise une réduction de la dette grecque et une intervention de la Banque centrale européenne pour bloquer les taux d'intérêt pour stopper la méfiance qui s'installe.

Mercredi soir les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 se penchaient sur les pistes de relance de la croissance, mais aussi sur le cas grec:  l'hypothèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro est devenu un scénario crédible.

Paul De Grauwe identifie deux scénarios: la sortie pure et simple, et puis le maintien de la Grèce dans la zone, mais en arrêtant de payer sa dette. Bref dans les deux scénarios, la Grèce ne remboursera pas: "C'est devenu impossible pour les Grecs de le faire".

"Il faudra réduire la dette grecque", dit le professeur à la LSE et laisser le choix aux Grecs de rester ou non dans l'eurozone. Ceux qui ont prêté à la Grèce perdront de toute façon leur argent. "Et c'est parfois rationnel pour les créanciers de ne pas insister pour un paiement total de la dette. Ils ont intérêt à avoir une position moins intransigeante."

Apocalypse?

Alors comment se passerait une sortie de la Grèce de la zone euro?

"Si la Grèce sort de la zone euro, le système bancaire connaîtra une implosion et une dépression économique, mais à terme, j'en suis sûr, la Grèce peut en sortir."

Pour la zone euro, l'impact est incertain: soit ce serait "l'apocalypse", la fin de l'euro, la destruction de la zone euro, soit on maîtrise la contagion.

Pour cela, "la Banque centrale devrait intervenir et aujourd'hui, elle ne le fait pas, c'est ma critique". "C'est comme un poison qui s'installe dans le système. La frousse augmente, c'est déstabilisateur."

La peur existe en ce moment en Espagne, au Portugal, dit aussi Paul De Grauwe: là, "ils se demandent si l'euro va continuer à exister. On retire du cash, des billets. C'est déstabilisateur. Si tout le monde commence à faire ça, c'est la fin".

Le rôle de la banque centrale européenne

La BCE devrait dont être aujourd'hui en train d'agir, dit le professeur; sur les taux d'intérêts, par exemple, en les limitant afin d'éviter la panique. "Mais on ne le fait pas, les Allemands sont contre". Et puis la politique macroéconomique ne fonctionne pas dans la zone euro, dit-il: "Cela entraîne la récession".

"Il faudra diminuer les déficits et la dette mais la question est de savoir qu'est-ce qui marche? Les politiques d'austérité à outrance en temps de récession, cela ne marche pas. Cela diminue les recettes mais pas les déficits".

Par contre ce qui pourrait marcher, suggère Paul De Grauwe à l'Allemagne, c'est d'investir avec l'argent pratiquement gratuit, emprunté à 0% de taux d'intérêt sur 3 ans: cela bénéficierait à l'Allemagne mais aussi à toute la zone euro.

Les euro-obligations

A terme, il faut mettre en place les euro-obligations, estime Paul De Grauwe. "Aujourd'hui, cela ne marche pas, mais à terme, cela doit être mis en place: en faisant la mutualisation partielle de la dette. C'est un signal que l'on continue vers un Etat fédéral, cela a un effet stabilisateur".

RTBF

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