Cri d'alarme des éleveurs de porcs

Cri d'alarme des éleveurs de porcs
Cri d'alarme des éleveurs de porcs - © flickr/Keith Laverack

Après les producteurs de lait, ce sont aujourd'hui les éleveurs de porcs qui attirent l'attention sur leur situation. Ils se disent étranglés financièrement.

Confrontés à de fortes augmentations de charges et à des prix quasi bloqués, les 667 détenteurs de porcs wallons ont de plus en plus de mal à survivre. Et cela concerne particulièrement un tiers d'entre eux, ceux qui élèvent des porcelets.

Aujourd'hui 40 élevages sont en grandes difficultés et risquent de cesser toute activité dès cette année.

Thierry Vangulick est allé à la rencontre de l'un d'entre de ces éleveurs inquiets à Blegny, près de Liège.

Ecoutez son reportage chez Benoît Renkens qui élève ses 400 truies depuis 1991. Une exploitation qu'il a de plus en plus de mal à rentabiliser: "Par rapport à l'an passé, nous vendons nos porcs un petit peu plus chers. Cependant l'augmentation du prix de vente ne suffit pas à compenser l'augmentation de nos prix de revient."

C'est que les charges ont augmenté en quelques années de 25 % et principalement le coût du chauffage pour les porcelets. Benoît Renkens a vite fait son calcul: "Avant, on parlait toujours que pour 1,20 euro, on pouvait produire du porc et être rentable. Maintenant, on parle plutôt de 1,40 euro. Et le prix de vente se situe pour le moment aux environs de 1,30 euro". Dix centimes qui font toute la différence pour le producteur mais pas pour le consommateur qui paie lui le kilo de porc entre 9 et 10 euros. Et comme si cela ne suffisait pas, l'Europe s'en mêle: "Toutes les installations qui sont en place depuis avant 2003, doivent se mettre aux normes, c'est-à-dire faire des investissements pour que les truies puissent courir en groupe. Ces investissements nous sont imposés par l'Europe et pour ce faire, nous n'avons aucune aide de la Région wallonne".

Car la Région wallonne refuse jusqu'ici de soutenir financièrement la filière traditionnelle qu'elle juge trop industrielle. Alors comme Benoît, de nombreux éleveurs wallons, se demandent s'ils survivront à cette crise si les prix n'augmentent pas très vite.

Th. Vangulick

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